ACTIVITE
Les taux d’activité et de chômage
 
« Le taux d’activité global, c’est- à-dire la part dans la population des actifs ayant un emploi ou à la recherche d’un emploi, s’établissait en 1990 à 44,4 % à l’échelle nationale et à 43,3 % sur l’ensemble des massifs. Les taux de chômage, c’est-à-dire la part des actifs à la recherche d’un emploi dans l’ensemble des actifs, étaient de même assez voisins à la même époque : 10,9 % au plan national et 9,9 % sur l’ensemble des massifs. La part des emplois exercés par des non-salariés atteignait 19,0 % pour l’ensemble des massifs, contre 14,4 % au niveau national. Cette différence tient entre autres à l’importance du secteur primaire dans les massifs, où la plupart des emplois sont non-salariés.
 
Ce secteur regroupait en effet 8,2 % des emplois dans les massifs, contre 5,7 % de ceux-ci sur l’ensemble du pays. De même, la part du secondaire dans les massifs dépassait celle observée à l’échelle nationale (33,4 % contre 30,1 %), celle du secteur tertiaire étant de ce fait notablement plus faible (58,3 % contre 64,2 %). Les Vosges sont un massif dont le taux d’activité global est proche de la moyenne de l’ensemble des massifs, mais où le taux de chômage est un peu inférieur à celle-ci. Le secteur primaire représente une part très limitée des emplois. En revanche, le secondaire regroupe près de la moitié des emplois, avec, en contrepartie, une place relativement faible du secteur tertiaire. On notera de plus qu’au sein du secteur secondaire, le BTP ne représente que le sixième des emplois, soit une part plus limitée que sur les autres massifs.
  Le taux d’activité est relativement élevé sur le massif du Jura et le taux de chômage très limité. La place du secteur primaire dans les emplois est faible. Celle du secteur secondaire est presque aussi importante que dans les Vosges, au détriment, comme sur ce massif, de la représentation du secteur tertiaire.

Avec le taux d’activité le plus élevé de tous les massifs, les Alpes du Nord bénéficiaient en 1990 d’un taux de chômage assez limité. La part des emplois dans le secteur primaire est plus faible que sur les autres massifs. Le secteur secondaire représente un peu plus de 30 % des emplois.

Le massif des Alpes du Sud partage avec les autres massifs méridionaux certaines caractéristiques, comme la faiblesse du taux d’activité, l’importance du taux de chômage en 1990, la part significative du secteur primaire dans les emplois et la très forte place du secteur tertiaire. Le secteur secondaire regroupe moins du quart des emplois, dont près de la moitié dans le BTP.

La Corse cumule le plus faible taux d’activité et le plus fort taux de chômage observés sur les divers massifs français. Ces caractéristiques s’observent dans presque toutes les communes du massif ; seules quelques communes côtières bénéficient de taux d’activité proches de la moyenne nationale. Le secteur tertiaire représente près des trois quarts des emplois, l’industrie moins du cinquième de ceux-ci. Le secteur primaire conserve une importance significative dans la plupart des communes du centre de l’île. De ce fait, au sein du massif, la prépondérance du secteur tertiaire est la plus accusée sur le littoral et dans les communes proches, à l’exception de la plaine agricole d’Aléria.

Source : INSEE, Recensements Généraux de la Population de 1968, 1982 et 1990
Les taux d’activité et de chômage
 
Du point de vue des taux d’activité et de chômage en 1990, le Massif Central possède globalement des caractéristiques voisines de celles de l’ensemble du pays, mais la répartition sectorielle des emplois fait apparaître une place relativement importante du secteur primaire (11 % des emplois) au détriment du secteur tertiaire.

Le taux d’activité global du massif des Pyrénées est assez limité, le taux de chômage était élevé en 1990. Avec plus de 13 % des emplois, le secteur primaire est particulièrement bien représenté ; la place du secteur secondaire est relativement modeste. »

Source : INSEE, Recensement Général de la Population de 1990

L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble. Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne -
Commissariat général du Plan. Pages 5-47.

L’évolution récente des emplois salariés
 
« La faible croissance économique des années récentes a montré la difficulté de maintenir des emplois dans les secteurs les plus exposés à la conjoncture ou à la concurrence, ainsi que l’insuffisance de l’offre de travail face à l’accroissement du nombre d’actifs.

Dans le massif des Vosges, les diminutions d’emplois salariés dans le secteur privé non agricole l’ont emporté légèrement sur les créations intervenues au cours des années 1990 à 1994.

Le bilan est plus négatif sur le massif du Jura. Il résulte, là encore, de disparitions d’emplois dans l’industrie.

Le massif des Alpes du Nord n’a pratiquement pas perdu d’emplois au cours de la période, les créations d’emplois dans le tertiaire comprenant les diminutions intervenues dans le secteur secondaire.

Le développement des emplois s’est poursuivi dans le massif des Alpes du Sud, grâce au secteur tertiaire. La faible représentation de l’industrie a évité ce massif des pertes d’emplois importantes dans ce secteur, malgré des réductions d’effectifs sur certains sites.

L’évolution des emplois en Corse a privilégié certaines communes du littoral, mais néanmoins un certain nombre de communes de l’intérieur de l’île ont conservé ou légèrement développé leurs quelques emplois salariés. Les baisses concernent de ce fait des zones assez restreintes, dans la montagne corse ou rejoignant la côte.

L’évolution des emplois salariés dans le Massif Central a été légèrement négative au cours des années récentes.

Le développement des emplois dans le secteur tertiaire est à l’origine de la croissance des emplois dans le massif des Pyrénées.

Source : UNEDIC, fichiers au 31-12-1989 et au 31-12-1994
* Corse exclue
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble. Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne -
Commissariat général du Plan. Pages 5-47.
  Les créations d’emplois dans le tertiaire privé
  « ...Le bilan global de l’ensemble des massifs est une augmentation limitée à 8 % des emplois salariés dans le tertiaire privé de fin 1989 à fin 1994. Elle apparaît également plus modérée qu’à l’échelle nationale dans chacun des secteurs cités.

• Dans les Vosges, le nombre d’emplois salariés dans le tertiaire privé a crû de près de 10 % au cours de la période. Comme au plan national, cette progression résulte d’accroissements dans les principaux secteurs, à l’exception du commerce...

• La progression des emplois salariés dans le tertiaire privé a été également de l’ordre de 10 % dans le massif du Jura au cours de la période, mais avec une participation de chacun des secteurs à cette progression...

• La croissance des emplois a été un peu inférieure à 8 % dans les Alpes du Nord. En particulier, le secteur du commerce n’a pas créé d’emplois supplémentaires...

• Ces emplois ont continué à progresser rapidement dans les Alpes du Sud, avec un accroissement de plus de 16 % au cours de la période, auquel ont participé tous les secteurs...

• L’évolution récente des emplois salariés dans le tertiaire privé en Corse oppose avant tout les divers chefs-lieux et les communes du littoral, où ces emplois ont progressé, aux autres communes, où ils ont régressé.

• La progression globale de ces emplois a été de 9 % dans le Massif Central, avec un léger recul dans le secteur du commerce...

• La progression des emplois salariés dans le tertiaire privé a atteint 17 % au cours de la période dans le massif des Pyrénées, avec une progression limitée dans le commerce et beaucoup plus importante dans les autres secteurs...

Les variations des emplois salariés dans le tertiaire privé dans les divers massifs au cours des années récentes traduisent ainsi la diffusion progressive des activités de services à la population dans les zones les plus denses ou leur développement dans un grand nombre de pôles, qu’il s’agisse de petites villes ou de stations touristiques. Le type de localisation des services aux activités varie peu, les stations touristiques conservant notamment leur rôle de pôles locaux. Quant au secteur du commerce, on assiste plutôt à une concentration de ses activités dans des zones assez largement urbanisées, avec des arrêts de son développement dans certaines communes touristiques de haute montagne. »

 
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble. Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne -
Commissariat général du Plan. Pages 85-87.
  La localisation des activités tertiaires et les spécialisations en services
• « Compte tenu de sa population, le massif des Vosges n’emploie qu’un nombre limité d’actifs dans le tertiaire. Le secteur du commerce occupe une place assez modeste, sauf dans certaines communes du versant alsacien du massif, mais est présent dans la plupart des communes du massif. En comparaison, ce secteur apparaît beaucoup plus étoffé dans les vallées en aval du territoire du massif et surtout dans la plaine alsacienne. Quelques petits pôles regroupent dans leur zone certaines activités du secteur des services marchands aux particuliers, notamment dans diverses vallées alsaciennes. Le nombre d’emplois par habitant dans les services non marchands n’est jamais extrêmement élevé, les principales fonctions administratives étant assurées, plus que pour d’autres massifs, par des villes extérieures...

• Le massif du Jura présente, en termes de nombre d’emplois dans le tertiaire rapporté à la population, des caractéristiques assez voisines de celles des Vosges. Mais de nombreuses communes n’ont pas de commerces, ceux-ci se regroupant dans des communes parfois isolées les unes des autres, comme dans le tiers central du massif. Le secteur des services marchands aux particuliers est assez bien représenté dans la zone des plateaux proches de Besançon et de la haute vallée du Doubs, ainsi que dans la zone frontalière du sud du massif. En comparaison, la répartition des services non marchands, bien que très hétérogène sur le territoire du massif, fait moins ressortir d’oppositions entre zones...

• Les Alpes du Nord sont le massif comptant le plus d’emplois par habitant dans le tertiaire marchand. Pour ce massif, les ratios relatifs aux divers secteurs du tertiaire marchand sont proches de ceux observés à l’échelle nationale. Les seules communes sans commerce ou sans établissement de services aux particuliers sont des petites communes du sud de ce massif. Partout ailleurs, la densité d’emplois dans ces secteurs est assez importante. Elle est particulièrement forte, pour les commerces, dans les zones touristiques de haute montagne et les zones proches de la frontière suisse. Pour les services aux particuliers, il s’agit également de la haute montagne, mais aussi des communes proches de l’axe du Sillon Alpin, d’Annecy à Grenoble. Ces traits se retrouvent en partie dans le domaine des services non marchand, avec de forts ratios dans quelques communes de haute montagne mais surtout dans le Sillon Alpin et jusqu’au sud de Grenoble. Les spécialisations en services opposent les zones de haute montage, où le secteur des services aux particuliers a une forte importance relative, aux vallées en aval de la Haute-Savoie et aux zones d’industries du Sillon Alpin, avec des spécialisations marquées en services aux activités, certaines communes proches des stations combinant ces deux spécialisations. Les communes spécialisées dans les services aux activités de la vallée du Rhône, au sud de Valence, remplissent de leur coté ce rôle pour les préalpes drômoises.

• Les ratios d’emplois par habitant dans les divers secteurs du tertiaire restent assez élevés dans les Alpes du Sud. Si la plupart des communes du sud du massif et des plateaux occidentaux disposent de commerces ou de services aux particuliers, la répartition de ces activités est plus lâche dans d’autres zones, dont notamment l’ouest des Hautes Alpes et les plateaux du Verdon. A l’intérieur du massif, la localisation de ces activités privilégie quelques pôles, situés dans les principales vallées et un peu moins souvent en haute montagne. Les spécialisations en services aux particuliers concernent ces divers pôles, les spécialisations en services aux activités étant plutôt le fait de communes de la vallée de la Durance ou des zones des Alpes Maritimes et du Var les plus proches des grandes agglomérations du littoral.

• La forte importance des emplois dans le tertiaire en Corse, en comparaison de la population de ce massif, tient en particulier à la place du tertiaire non marchand, qui représente au moins quelques emplois dans la plupart des communes de l’île. La diffusion des emplois dans diverses communes est beaucoup plus limitée dans le commerce, et plus encore dans les services aux particuliers. La carte des spécialisations en services ne fait guère apparaître de spécialisations en services aux particuliers ou en services aux activités, si ce n’est dans quelques communes du littoral.

• Le nombre moyen d’emplois par habitant dans les divers secteurs du tertiaire est assez modeste dans le Massif Central. Les emplois dans le commerce sont largement repartis sur le territoire des zones les plus denses du massif ou à proximité de ses principales agglomérations, mais, dans les zones de montagne de l’intérieur du massif, ces emplois se regroupent plus dans des bourgs isolés. La répartition des activités de services aux particuliers accentue encore plus les différences de densité de population, en privilégiant certaines agglomérations et des vallées pénétrant à l’intérieur du massif.

De ce fait la carte des spécialisations en services reflète d’abord la répartition des activités de services aux particuliers, tandis qu’elle fait apparaître un nombre assez réduit de communes spécialisées dans les services aux activités, sauf à proximité des vallées de l’Allier et de la Loire...

• En comparaison de la population du massif des Pyrénées, le nombre moyen d’emplois dans le tertiaire apparaît également assez limité, du fait, notamment, d’une sous représentation des services aux activités. La répartition territoriale des activités de commerce est beaucoup plus lâche que celle des services aux particuliers et, à fortiori, que celle des services non marchands. Un certain nombre de communes de haute montagne n’ont pas de commerces, de même que la plupart des communes des Corbières ; ces activités se concentrent dans certaines vallées ou, à défaut, sur les zones de piémont...

...Les différences de répartition des activités tertiaires sur le territoire des divers massifs français, une caractéristique les distinguant semble être finalement leurs types de spécialisations en services. Les spécialisations en services aux particuliers concernent souvent des communes de haute montagne à forte activité touristique, ou des bourgs regroupant ces services à l’échelle de zones locales. Mais les spécialisations en services aux activités, qui accompagnent ou parfois même précèdent le développement de l’ensemble des activités, relèvent dans la plupart des cas de zones extérieures aux massifs. »