TOURISME
Le tourisme : les capacités d’accueil
 
« Avec les générations successives de stations, le tourisme a largement contribué au développement des zones de haute montagne. Il représente désormais un ensemble d’activités largement répandues sur le territoire des massifs, s’appuyant sur des équipements importants ou sous la forme de tourisme diffus.

En 1988, selon les résultats du dernier inventaire communal réalisé, les massifs regroupaient à eux seuls, 30 % de la capacité d’accueil touristique française. Une caractéristique essentielle des massifs est l’importance de leur capacité d’accueil touristique, en comparaison de leur population permanente. Les taux de fonction touristique, c’est-à-dire les rapports du nombre de places offertes à la population résidente, croissent avec l’altitude et sont en général très élevés dans les zones de montagne, ce qui conduit à distinguer assez bien les massifs des zones voisines...

Autre caractéristique, le parc d’hébergements n’a pas tout à fait la même composition sur les massifs et dans d’autres zones. Ainsi, les résidences secondaires représentent la moitié de la capacité d’accueil globale des massifs, mais leur part est légèrement plus importante en dehors de ceux-ci. Les résidences secondaires représentent en effet l’essentiel de la capacité d’accueil dans la plupart des communes rurales. Bien qu’elle reste importante, leur part est plus limitée dans les communes touristiques de montagne ou du littoral. De même, la part des hôtels ou autres hébergements à service hôtelier, comme les chambres d’hôte, est un peu plus importante dans les massifs que sur l’ensemble des autres zones, même si l’on tient compte de l’hôtellerie d’affaires dans les grandes villes. Autre type d’hébergement particulièrement développé dans les zones de montagne et notamment dans celles qui ont une double saison, les locations saisonnières et les autres formes d’hébergements collectifs, comme les centres de vacances, ont également un poids important dans les massifs.

Source : INSEE-SCEES, Inventaire communal de 1988.
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne -
Commissariat Général du Plan - Pages 91-95.
 
 
En revanche, les hébergements de plein air représentent une part assez limitée de la capacité d’accueil de l’ensemble des massifs ; elle est beaucoup plus élevée sur le littoral. Mais le niveau de développement du tourisme, vu au travers de l’offre d’hébergements et de sa composition, est très différent d’un massif à l’autre.• Le taux de fonction touristique apparaît globalement un peu plus élevé sur le massif des Vosges qu’au plan national, mais ce taux n’atteint des valeurs importantes que dans les communes de la zone de montagne...

• Le taux de fonction touristique de l’ensemble du massif du Jura n’est guère plus élevé que celui des Vosges. Ses variations retracent la géomorphologie du massif : les taux de fonction touristique sont élevés dans la zone de montagne et sur les chaînons bordant les vallées du sud du massif, mais apparaissent beaucoup plus limités dans les zones des plateaux...

• Le taux de fonction touristique des Alpes du Nord est assez élevé. Il dépasse en effet 8 lits par habitant dans la plupart des stations de haute montagne et reste important dans la plupart des communes de montagne. En comparaison, il apparaît beaucoup plus faible dans la zone du Sillon Alpin ou le Bas Dauphiné...

• En raison de la faiblesse de la population des Alpes du Sud, le taux de fonction touristique de l’ensemble des communes de ce massif apparaît élevé. Il ne se réduit que sur la moyenne et la basse vallée de la Durance, dans les zones de Gap et de Digne et en bordure de l’agglomération niçoise...

• Pour les mêmes raisons, le taux de fonction touristique de la Corse apparaît particulièrement élevé, sur le littoral comme à l’intérieur de ce massif... • Globalement, le taux de fonction touristique du Massif Central est voisin de celui du Jura ou des Vosges. Plus élevés sur les zones de montagne que sur le reste du massif, les taux de fonction touristique restent néanmoins assez limités dans les Monts du Lyonnais, le bassin du Puy ou le Rouergue. Mais ces taux sont élevés sur tout le sud-est du massif, du Vivarais à la Montagne Noire...

• La faiblesse de la population permanente fait aussi apparaître un taux de fonction touristique élevé dans le massif des Pyrénées. Les taux les plus forts sont le fait des communes de haute montagne ; ils croissent progressivement avec leur altitude. Les communes des Corbières ont néanmoins des taux de fonction touristique assez élevés...

Ainsi, les capacités d’accueil des massifs apparaissent d’autant plus diversifiées que le tourisme a connu un développement important. En dehors des résidences secondaires, dont le parc est important, et relativement récent dans les stations de haute montagne, l’offre d’hébergements ne repose pas uniquement sur des formules de location ou des hébergements de type hôtelier. L’importance des hébergements de plein air est à souligner, notamment dans les zones de tourisme diffus.