BATIMENT ET TRAVAUX PUBLICS
Le secteur du bâtiment et
des travaux publics
 
« A lui seul, le secteur du bâtiment et des travaux publics regroupait, en 1990, 1,6 millions d’emplois, soit plus que l’agriculture. Les entreprises du secteur sont parfois de grande taille notamment dans le domaine des travaux publics, et organisées sur la base de réseaux d’agences régionales, mais il s’agit souvent de petites entreprises artisanales, à marché local.

La répartition des emplois dans le bâtiment et les travaux publics reflète avant tout celle de la population, mais la demande à laquelle répondent les entreprises du secteur n’émane pas uniquement de résidents, de collectivités ou d’entreprises locales. La construction de résidences secondaires, la réhabilitation de logements utilisés comme résidences secondaires, ou l’équipement des stations représentent une part appréciable de l’activité dans les zones touristiques.

L’évolution des effectifs employés rend assez fidèlement compte de la demande adressée à ce secteur, les entreprises adaptant en général rapidement le volume de leur main d’œuvre à leur carnet de commandes. De ce point de vue, les années récentes ont confirmé un ralentissement déjà observé : les effectifs salariés ont diminué de 7% de fin 1989 à fin 1994. Leur baisse affecte certaines zones urbaines, mais aussi des zones touristiques dont l’équipement est en voie d’achèvement. Les marchés locaux n’étant pas toujours extensibles, les entreprises de bon nombre de communes rurales ont dû également réduire leurs effectifs. Ainsi, la baisse a atteint 9% sur l’ensemble des massifs au cours des années 1990 à 1994.

Source : UNEDIC, fichiers au 31-12-1989 et au 31-12-1994.
* Corse exclue
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne -
Commissariat Général du Plan - Pages 71-72.
 
• La baisse de l’emploi salarié dans le bâtiment et les travaux publics a en fait été relativement limitée sur le massif des Vosges. Elle a affecté surtout les entreprises implantées dans la zone de Gérardmer. Les autres zones du massif, où la densité de résidences secondaires est moins élevée, ont mieux résisté.

« • La diminution globale des emplois a été très faible sur le massif du Jura. Les mouvements les plus importants, à la hausse ou à la baisse, ont concerné quelques communes de montagne ou de l’intérieur du massif. La plupart des autres communes ont légèrement augmenté leurs emplois.

• La place du secteur du bâtiment et des travaux publics est plus importante dans le massif des Alpes du Nord. La densité de résidences secondaires est très élevée dans la plupart des communes de haute montagne, mais reste limitée dans le Sillon Alpin. La diminution globale du nombre de salariés atteint 10%. Les zones touristiques de haute montagne ont été particulièrement touchées, mais la baisse concerne également la zone de moyenne montagne située au sud de Grenoble et le Bas-Dauphiné. Le nord du Sillon Alpin a mieux résisté.

• Le poids du secteur du bâtiment et des travaux publics est particulièrement élevé dans le massif des Alpes du Sud. La densité des résidences secondaires est importante non seulement dans la plupart des communes de haute montagne, mais aussi dans celles des plateaux du Vaucluse et du Var, ainsi qu’en bordure de l’agglomération niçoise. Le recul des emplois salariés est particulièrement fort, avec une diminution globale de 15%. La diminution a concerné la plupart des communes où sont implantées des entreprises du secteur ; on l’observe également sur le littoral.

• La place du secteur est aussi relativement importante en Corse. Des diminutions d’emploi ont frappé quelques communes importantes, et assez peu les communes rurales.

• Le bâtiment et les travaux publics ont un poids beaucoup plus limité dans le Massif Central. La densité de résidences secondaires est assez élevée dans quelques zones, comme le Velay, les monts du Forez, les plateaux du Vivarais et les Cévennes. La baisse des effectifs salariés a été de 6% sur ce massif. Le nombre d’emplois dans le secteur est assez limité dans le sud-est du massif, mais a souvent progressé dans les communes rurales ou petites villes de cette zone. Les évolutions sont beaucoup plus disparates ailleurs, et notamment dans les zones comptant un nombre relativement important d’emplois dans le secteur. Ainsi, le bilan est plutôt au développement de ces emplois dans la haute vallée de la Loire, mais au recul dans la zone située au sud de Clermont-Ferrand ou dans les zones les plus proches de Lyon.

• La place du bâtiment et des travaux publics est assez moyenne dans les Pyrénées. La densité de résidences secondaires est importante en haute montagne ou sur la Côte Vermeille, mais aussi sur les principales vallées pénétrant dans le massif. La baisse du nombre d’emplois salariés atteint près de 10%. Elle a touché notamment des communes de montagne ou des vallées où ce secteur représente un nombre d’emplois relativement conséquent, les exceptions concernant des dommunes du Pays Basque ou du Vallespir. La zone des Corbières a également perdu des emplois.

L’évolution de l’emploi salarié dans le secteur du bâtiment et des travaux publics traduit donc en particulier l’essoufflement de la demande d’immobilier de loisirs là où ce secteur avait connu un fort développement, même si les entreprises locales n’étaient pas les seules à répondre à cette demande. Le recul des emplois a d’ailleurs concerné les zones touristiques des massifs aussi bien que le littoral varois et azuréen ou que la côte sud de la Bretagne. La demande d’origine locale est restée toutefois suffisante pour éviter un repli prononcé des emplois dans la plupart des autres zones des massifs : un certain nombre de mouvements sont en effet à priori plus liés à la fragilité des entreprises du secteur qu’à la faiblesse de la demande locale. »