AGRICULTURE
Evolution des exploitations
et des superficies agricoles
 
« L’agriculture représente un nombre limité d ‘emplois ; de plus, les actifs agricoles sont de plus en plus minoritaires au sein des communes rurales. Mais un peu plus de la moitié du territoire national est utilisé par l’agriculture, ce qui situe le rôle de ce secteur dans la mise en valeur de l’espace. Ce rôle ne peut être tenu que dans la mesure où il est lié à l’exercice d’activités agricoles adaptées aux conditions économiques et aux milieux où elles sont exercées. Il repose sur le maintien d’un tissu suffisant d’exploitations agricoles...

Les massifs n’ont pas échappé, dans leur ensemble, à la concentration croissante des activités agricoles dans un nombre de plus en plus réduit d’exploitations et à un léger repli, au cours de la décennie passée, du territoire utilisé par l’agriculture. Tout au plus, la diminution du nombre d’exploitations a été un peu moins rapide sur l’ensemble des massifs que sur le reste du territoire national. La SAU moyenne des exploitations des massifs reste toujours légèrement inférieure à celle de l’ensemble des exploitations agricoles françaises, puisqu’elle se limitait à 21 hectares en 1979, à 26 hectares en 1988 ou à 35 hectares en 1995. Mais il faut tenir compte de la diversité des systèmes de production représentés pour interpréter les évolutions au sein de chaque massif et les situer par rapport à des tendances plus générales.

• La SAU n’occupe que 18 % du territoire du massif des Vosges. Ce massif compte un grand nombre de petites exploitations, plus de 60 % des exploitations ayant moins de 10 hectares. La part des chefs d’exploitation pluriactifs est relativement élevée, celle des chefs d’exploitation à temps complet assez faible...

• La SAU représente plus du tiers du territoire du Massif du Jura. Contrairement aux Vosges, les petites exploitations sont minoritaires, celles de moins de 10 hectares représentant 30 % de l’effectif global. La part des chefs d’exploitation pluriactifs est assez limitée et la plupart des chefs d’exploitation sont à temps complet...

• La SAU occupe le quart de la superficie des Alpes du Nord, mais beaucoup plus dans certaines zones de moyenne montagne du nord-ouest du massif. La moitié des exploitations ont moins de 10 hectares de SAU. Les chefs d’exploitation pluriactifs forment un peu moins du tiers de l’effectif global et les chefs à temps complet un peu plus du tiers de celui-ci...

L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne - Commissariat Général du Plan. Pages 49-52.
   
 
• La SAU des exploitations des Alpes du Sud représente à peine le sixième de la superficie de ce massif. Les exploitations de moins de 10 hectares restent majoritaires, mais la double activité des chefs d’exploitation est un peu moins répandue, et la part des chefs d’exploitation à temps complet est un peu plus élevée que dans les Alpes du Nord...

• La SAU ne représente qu’une partie très limitée du territoire de la Corse. la pratique de la pluriactivité est assez peu répandue. Les cultures pérennes sont développées surtout sur le littoral oriental de l’île, l’élevage étant l’activité dominante ailleurs. Bien que l’évolution du nombre d’exploitations agricoles ait été disparate de 1979 à 1988 d’une zone à l’autre, les variations de SAU les plus importantes ont plus concerné des zones litatorales que des zones situées à l’intérieur de l’île.

• La moitié du territoire du Massif Central est utilisée par l’agriculture. La SAU moyenne des exploitations est voisine de celle de l’ensemble des exploitations agricoles françaises, avec une part relativement limitée d’exploitations de moins de 10 hectares, peu de chefs doubles actifs et une faible majorité de chefs d’exploitation à temps complet...

• La SAU représente le cinquième du territoire du massif des Pyrénées. Les exploitations sont en moyenne de taille relativement réduite, la moitié d’entre elles ayant moins de 10 hectares. La pluriactivité des chefs d’exploitation ou l’exercice par ceux-ci de leur activité agricole à temps complet sont assez peu fréquents...

Cette analyse des évolutions des exploitations agricoles et de la SAU montre, comme à l’accoutumée, la variété des situations au sein de chaque massif. Toutefois, elle indique également que les activités agricoles n’ont pas été totalement éliminées des zones où elles occupaient les plus faibles superficies avec peu d’exploitations, ces zones étant celles où les risques de déprise agricole sont les plus nets. Les agrandissements de SAU observés ici ou là témoignent d’une capacité d’extension dans certaines zones des exploitations. Néanmoins, dans d’autres zones, où les enjeux liés au maintien d’un minimum d’activité agricole sont moins saillants, toutes les terres libérées par des agriculteurs cessant leur activité n’ont pas été reprises. »

Source :
SCEES, Recensements Généraux de l’Agriculture de 1979 et de 1988,
Enquête Structures de 1995
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne - Commissariat Général du Plan. Pages 49-52.
   
Evolution du cheptel
 
« Bien que les zones des massifs comportent des exploitations de polyculture, d’arboriculture ou de viticulture, les systèmes de production les plus répandus dans les zones de montagne sont des systèmes spécialisés dans l’élevage. La décennie écoulée a été marquée par la mise en place des quotas laitiers et par des difficultés persistantes de l’élevage ovin. Au plan national, le cheptel bovin, mesuré en unités-gros bétail (UGB), a diminué de 9 % de 1979 à 1988, le cheptel laitier diminuant fortement, le cheptel allaitant et l’élevage d’animaux de boucherie progressant. De son côté, le cheptel ovin baissait de 11 %, en nombre d’unités-gros bétail. Mais la reconversion d’élevages de vaches laitières au profit d’autres espèces n’a pas été possible partout. De même, la crise du marché de la viande ovine a accentué les difficultés de bon nombre d’éleveurs de montagne...

• L’élevage bovin concerne avant tout le sud-ouest du massaif des Vosges. Essentiellement laitier, son recul avait touché la plupart des communes de cette zone. L’élevage ovin a une importance limitée ; pratiqué dans la même zone, il a un peu mieux résisté.

• Le cheptel bovin du Jura est relativement important et est représenté sur l’ensemble de ce massif. La baisse globale du cheptel résulte d’évolutions relativement disparates d’une zone à l’autre, avec toutefois un recul assez général dans la partie centrale du massif. Les vaches nourrices ne constituent qu’une part très limitée du cheptel. L’élevage ovin se pratique dans de petits ateliers et a un rôle de plus en plus marginal.

• Le cheptel bovin affiche un recul sensible dans les Alpes du Nord, dû en particulier à une baisse de plus de 20 % du nombre de vaches laitières. L’élevage bovin est pratiqué dans la plupart des zones du massif, à l’exception de l’Oisans, du Diois et des Baronnies. La diminution du cheptel a affecté la plupart des zones de haute et de moyenne montagne. Les zones les plus basses ont un peu mieux résisté, mais la zone d’élevage relativement extensif du Trièves est en progrès : il s’agit de zones où tous les élevages ne sont pas des élevages laitiers.

Source :
SCEES : Recensements Généraux de l’Agriculture de 1979 et de 1988,
Enquête Structures de 1995.
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne - Commissariat Général du Plan. Pages 55-57.
 
De son côté, l’élevage d’ovins complète celui de bovins en haute montagne, où il s’est maintenu et a même parfois progressé. Mais il est l’élevage dominant au sud du Vercors, où la tendance a été à son repli, avec un regroupement des ateliers dans quelques communes.

• Le cheptel ovin est beaucoup plus important que le cheptel bovin dans les Alpes du Sud. Les zones d’élevage bovin se situent de part et d’autre de la haute vallée de la Durance, avec des petits troupeaux, en réduction, de vaches laitières en haute montagne et des troupeaux plus importants dans l’Embrunais, parfois en augmentation grâce à l’élevage de vaches nourrices.

La diminution globale du nombre d’ovins recouvre des évolutions relativement disparates, avec toutefois une assez bonne résistance dans certaines zones, comme le Champsaur et le Pelvoux ou les plateaux du nord de la vallée du Verdon.

• Le cheptel bovin, en Corse, est composé avant tout de vaches nourrices. Leur nombre a assez sensiblement progressé dans la plupart des communes. La stabilité globale du cheptel ovin masque un recul assez général dans la partie occidentale de l’île et des progressions dans la plupart des zones d’élevage du centre ou de l’est de la Corse.

• Le Massif Central regroupe à lui seul un peu plus de 70% du cheptel bovin ou du cheptel ovin de l’ensemble des massifs. L’élevage bovin est pratiqué dans presque toutes les zones du massif, les principales exceptions étant les Causses et le versant sud-est du massif. Il s’agit en général d’assez grands ateliers, en zone de montagne comme sur les plateaux ou en plaine. Le cheptel bovin a progressé entre 1979 et 1988, sous l’effet notamment d’une substitution progressive de l’élevage laitier au profit de la production d’animaux maigres ou de boucherie, mais évolue moins depuis. De ce fait, le cheptel s’est accru dans la plupart des zones d’élevage. Mais les évolutions ont été plus incertaines sur les plateaux du Limousin, le val de l’Allier ou dans la montagne du Vivarais.

  L’élevage ovin a affiché de son côté un recul assez modéré à l’échelle de l’ensemble du massif. Cet élevage a progressé dans certaines zones, comme le Bourbonnais ou la Margeride, qui sont aussi des zones d’élevage bovin, ainsi que l’ouest des plateaux limousins, le Quercy et les Causses, qui sont des zones beaucoup plus spécialisées dans ce type d’élevage, avec notamment la production de lait de brebis dans le bassin de Roquefort. La diminution du cheptel ovin au cours des années 1979 à 1988 a affecté surtout des moins spécialisées, comme le plateau de Millevaches.

• Les Pyrénées sont aussi un massif où la place de l’élevage ovin reste importante. Le cheptel bovin est composé en grande partie de vaches nourrices. Il a légèrement progressé entre 1979 à 1988, notamment dans la zone des piémonts ou dans les vallées intérieures des Pyrénées Atlantiques, les reculs affectant avant tout des communes de haute ou de moyenne montagne. Le cheptel ovin s’est maintenu, avec une progression dans l’ouest du massif et des évolutions plus disparates dans les autres parties du massif, qu’il s’agisse de zones où l’élevage ovin prédomine, comme les Pyrénées centrales, ou de zones moins spécialisées situées en bordure du massif.

En définitive, les évolutions du cheptel bovin ou ovin au cours de la décennie passée ont témoigné, malgré la disparition d’un nombre important d’exploitations d’élevage, d’une bonne capacité de résistance de la plupart des zones des massifs où l’élevage est pratiqué selon un mode relativement intensif et en grands ateliers. Les évolutions sont beaucoup plus disparates ailleurs, la réduction du nombre de vaches laitières entraînant toutefois un recul global du cheptel dans la plupart des zones de haute montagne. »

L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne -
Commissariat Général du Plan. Pages 55-57.