INDUSTRIE
Les créations et disparitions d’emplois
dans l’industrie
 
« • L’industrie représente 40 % des emplois dans le massif des Vosges, avec des établissements industriels dans presque chaque commune. Les industries de biens de consommation, avec des usines textiles et des ateliers de travail du bois, représentent l’essentiel des activités industrielles des communes de montagne ou des vallées du versant lorrain. Ces activités sont plus diversifiées dans les autres zones du massif, et notamment sur le versant alsacien, avec des établissements de construction mécanique ou électriques...

• Dans le Jura, la part de l’industrie dans l’ensemble des emplois est presque aussi importante que dans les Vosges. Toutefois, un assez grand nombre de communes du centre du massif ou du Bugey n’ont pas d’établissement industriel. Les activités dominantes relèvent tantôt des biens d’équipements avec la mécanique de précision et l’horlogerie dans le Nord-Est du massif, tantôt des intermédiaires, avec les plastiques dans les districts du sud du massif, mais beaucoup moins souvent des biens de consommation ou de l’agro- alimentaire...

• L’industrie représente le quart du total des emplois dans les Alpes du Nord. Les communes sans établissement industriel se situent essentiellement dans l’Oisans et le sud de la Drôme ; la plupart des communes de haute montagne comptent au moins un atelier de transformation. Le tissu d’activités industrielles est assez diversifié dans le Sillon Alpin, tandis que les vallées adjacentes restent largement spécialisées dans le travail des métaux, l’électrométallurgie ou la chimie. L’agro-alimentaire ou le travail du bois viennent souvent en tête dans les zones de montagne...

• Le massif des Alpes du Sud ne compte que 12 % d’emplois dans l’industrie. La plupart des communes du centre du massif n’ont pas d’établissement industriel. Les activités industrielles se regroupent dans quelques pôles relativement spécialisés, dans la vallée de la Durance notamment. L’agro-alimentaire ou les biens de consommation représentent l’essentiel des activités industrielles des autres communes...

Source : UNEDIC, fichiers au 31-12-1989 et au 31-12-1994. * Corse exclue
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne - Commissariat général du Plan - Pages 61-68.
• La Corse compte également très peu d’emplois dans l’industrie (7 % de l’ensemble des emplois). Ceux-ci se concentrent sur le littoral, avec, la plupart du temps, une forte part de l’agro-alimentaire. Ces emplois se sont à peu près maintenus, même à l’intérieur de l’île où seules quelques communes ont de très petits ateliers industriels.
• Le quart des emplois relève de l’industrie dans le Massif Central. Ces emplois se concentrent dans plusieurs zones situées dans la partie nord du massif :
   
 
le nord-est du massif, avec le bassin stéphanois mais aussi les plateaux du Puy et la plaine du Forez, dont l’une des spécialisations est la construction mécanique et la métallurgie, la zone clermontoise et les pôles voisins de l’Allier, avec notamment l’industrie du pneumatique, ou encore la zone de Limoges. Le sud du massif comporte quelques pôles industriels, assez isolés et de taille plus réduite, tels que les bassins de Carmaux et de Castres-Mazamet, en reconversion. Comme dans d’autres massifs, l’agro-alimentaire n’est pas, en général, l’activité industrielle dominante, sauf dans certaines communes rurales...

• Le massif des Pyrénées compte 17 % d’emplois dans l’industrie. Dans l’ouest du massif, les activités industrielles se regroupent essentiellement sur les piémonts et remontent assez peu vers l’intérieur de la chaîne. A l’est du massif, elles se concentrent dans quelques vallées pénétrantes, comme celles de l’Ariège ou de l’Aude, mais les Albères ou la Côte Vermeille ont quelques établissements industriels. La gamme des activités industrielles du massif est assez étendue, chaque zone ou chaque pôle étant relativement spécialisé...

Le massifs français n’ont donc pas échappé au repli des activités industrielles dans les zones traditionnelles, malgré les aides spécifiques à leur reconversion dont ont béné- ficié bon nombre d’entre elles. A l’exception du Sillon Alpin et des zones proches, la diversification des activités industrielles et leur diffusion autour des principaux pôles restent assez faibles. Mais les mouvements les plus significatifs concernent peut-être les créations ou suppressions d’emplois dans des foyers isolés possédant quelques activités industrielles : les exemples sont rares dans les Alpes du Sud ou les Pyrénées mais plus nombreux dans d’autres massifs.

Les industries traditionnelles

...L’agro-alimentaire recouvre en fait de nombreuses activités. Certaines d’entre elles, comme l’industrie du lait et les fabrications de produits laitiers, sont implantées avant tout dans les zones d’élevage.

 

 

Source : UNEDIC, fichiers au 31-12-1989 et au 31-12-1994. * Corse exclue
L’ensemble de ce dossier est extrait de « Analyse cartographique à l’échelle nationale des massifs français » - Textes et tableaux Vincent BRIQUEL - CEMAGREF Groupement de Grenoble - Etude réalisée à la demande de l’Instance d’évaluation de la politique de la montagne - Commissariat général du Plan - Pages 61-68.
Globalement, le nombre de salariés des industries agro-alimentaires a crû légèrement de fin 1989 à fin 1994, au plan national comme dans chaque massif. De nombreuses commune de l’ouest de la France, où ce secteur est particulièrement développé, ont connu des créations d’emplois relativement importantes...

Les emplois salariés déclinent rapidement, à l’échelle nationale, dans le travail du bois et la fabrication d’articles en bois...

L’évolution récente des emplois salariés a été relativement disparate d’un massif à l’autre. »

L’industrie... en montagne et pour la montagne

 

En zone de montagne, 3 actifs sur 10 environ exercent dans le secteur industriel, dans des entreprises de toute taille. Ils y assument des fonctions industrielles mais aussi tertiaires. Tous les secteurs sont représentés – construction mécanique ou électrique, textile-habillement, métallurgie, chimie, agro-alimentaire…. – mais des dominantes existent dans chaque massif.

De nombreuses entreprises produisent des biens liés directement à la montagne. Pour s’intégrer dans ces entreprises qui ont, pour la plupart, le vent en poupe, une culture ou une pratique " montagne " est souvent un " plus " déterminant.

L’industrie pour la montagne se porte bien ! Le tourisme en montagne, en effet se développe, et les sports et loisirs de pleine nature, dits " outdoor ", explosent. Ce qui profite pleinement à l’industrie liée à l’équipement des stations et des articles sportifs : remontées mécaniques, motoneiges, engins de damage, canons à neige, vêtements et accessoires (tentes, sacs, lunettes…) matériel d’alpinisme, ski, randonnée, canyon…

Avec le boom des nouvelles glisses, le marché global du ski et du surf connaît une embellie depuis deux ans : il représente la moitié du marché global des industries liées aux sports.

Numéros 1 sur le podium

Malgré une concurrence forte exercée par d’autres pays européens ou nord-américains, les entreprises françaises sont nombreuses à détenir la première place sur le podium international avec un ou plusieurs de leurs produits : Pomagalski (remontées mécaniques), Petzl (harnais, lampes frontales), Béal (corde d’escalade), Simond (mousqueton, piolet, crampon), Rossignol (ski), Salomon (fixations et chaussures alpines et nordiques, skiboard), Entre-Prises (structures artificielles d’escalade), Sidas (semelle thermomoulée)… D’autres sont leader sur le marché européen, comme TSL avec la raquette.

La plupart de ces entreprises sont implantées dans les Alpes du Nord. Hormis quelques " poids lourds ", le secteur est essentiellement composé de petites et moyennes entreprises et connaît, depuis quelques années, une tendance au regroupement. Pour se maintenir dans la course, ces entreprises diversifient leur gamme de produits : Pomagalski applique sa technologie de transport par câble aux transports urbains par câbles et aux parcs d’attraction et les industries du sport parient sur le marché très prometteur (et très convoité) de l’outdoor, Salomon (rattachée depuis quelques années au groupe Adidas) est présent dorénavant sur les marchés des sports d’hiver, mais aussi des vêtements de snowboard, golf, randonnée, patins en ligne…

Une grande diversité d’emplois

Produire, administrer et gérer, vendre… Ces grandes fonctions se retrouvent dans toutes les entreprises industrielles, qu’elles produisent des biens liés à la montagne ou non. En termes de niveaux et de qualifications, elles offrent une grande diversité : le fonctionnement des ateliers fait appel à un personnel qualifié de l’ouvrier (niveau bac pro) à l’ingénieur (bac + 5) et chaque service, à des compétences très spécifiques : conception par ordinateur, matériaux, marketing, logistique, communication, gestion (ressources humaines, comptabilité) sans compter l’importance des doubles compétences, pour les postes de technico-commerciaux ou de responsables qualité, par exemple.

Pour étudier la demande de la clientèle, en tenant compte de la concurrence, et améliorer les produits, les fonctions marketing, commerciale et surtout recherche et développement sont particulièrement importantes dans ces entreprises : il faut suivre l’évolution des pratiquants et des pratiques, faire progresser ou utiliser des matériaux plus performants, négocier de nouveaux contrats ou prospecter de nouveaux clients….

Il n’est donc pas surprenant que la part des ingénieurs et des techniciens devienne majoritaire. Exemple : Salomon compte 23 % d’ingénieurs et 38 % de techniciens parmi ses 1440 salariés sur les sites français de l’entreprise. L’entreprise Semer, spécialisée dans la conception des automatismes électriques pour les remontées mécaniques mais aussi du process de fonctionnement des canons à neige, comporte plus d’un tiers d’ingénieurs sur un peu plus de 50 salariés.

Un personnel " branché montagne " : toutes ces entreprises ont souvent recours à un personnel " branché montagne ". Ainsi, chaque entreprise tournée vers le sport compte dans son bureau d’études, son service marketing ou parmi ses technico-commerciaux, des pratiquants de ski, d’escalade, de spéléo…. Chez Dynastar (fabricant de skis) une passionnée de snowboard est promue chef de produit.

Pour tester leurs produits " en situation ", ces entreprises font appel régulièrement à des utilisateurs " intensifs " : professionnels – guides, moniteurs de ski, pisteurs-secouristes… mais aussi champions d’une discipline sportive ou alpinistes renommés, qui jouent alors un rôle de conseiller technique. Dans ce cadre, des opportunités de revenus ou des compensations en nature, voire des perspectives de reconversion, apparaissent.

Par ailleurs, certaines activités exigent une bonne résistance physique, compte-tenu des difficiles conditions de la montagne que sont le froid, la neige mais aussi les dénivelés, l’altitude et parfois l’ambiance vertigineuse… Effectuer l’installation, la maintenance des remontées mécaniques ou des dispositifs d’enneigement artificiel, dépanner sur le terrain une chenillette, contrôler l’état d’une télécabine à quelques 100 m au –dessus d’un glacier ; toutes ces activités exigent des professionnels qualifiés une adaptation certaine aux conditions et aux terrains " montagne ".

Chez EDF également, certaines missions exigent l’intervention de professionnels au profil technique et " montagnard " : c’est le cas des " lignards ", ces électriciens du vertige qui vérifient l’état des lignes à haute tension à plusieurs dizaines de mètres du sol et en montagne, mais aussi du personnel de surveillance et de maintenance des barrages, qui se déplace régulièrement sur tous les terrains, toute l’année et par tous les temps.

De l’usine aux pistes…

Parmi l’ensemble des entreprises du secteur, certaines s’adaptent aux particularités de l’emploi en montagne. Ainsi, il existe des accords entre usines et stations pour des contrats de travail originaux : les contrats d’intermittents. En effet, certaines entreprises industrielles connaissent une moindre activité l’hiver, alors que le besoin de saisonniers dans les stations est au plus haut. En Maurienne (Savoie), certains ouvriers de l’usine Invensil (production d’aluminium) travaillent en fabrication de mars à novembre, et sont pisteurs, moniteurs, ou skiman à la station des Karellys entre décembre et février. Ils bénéficient d’un CDI avec un emploi et un salaire sur 12 mois, tout en contribuant à l’équilibre de l’économie locale.

Le même type d’accords se retrouve par exemple en Haute-Savoie, entre l’entreprise Salomon et les stations environnantes ou entre l’agence de travail temporaire Olsten dans l’Isère avec La Plagne.

A chaque massif ses dominantes

Si la plupart des secteurs industriels sont représentés en régions montagneuses, quelques branches se révèlent typiques des massifs : le jouet ou le bois-ameublement dans les Vosges et le Jura, la tournerie-tabletterie et la lunetterie dans le Jura, la micro-électronique dans l’agglomération grenobloise ou encore la papeterie dans l’Isère, dans les Pyrénées et les Vosges, la coutellerie à Thiers (Auvergne), le décolletage (micro-mécanique) dans la Vallée de l’Arve en Haute-Savoie.

Florence PESSELON – ONISEP Grenoble

Texte établi d’après le chapitre " industries " de la brochure ONISEP " Travailler en montagne  (juin 2000)

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

Publications ONISEP

" Travailler en montagne " cahiers n° 20

"  Le Dico des métiers ", dossiers.

"  Mécanique et Industrie " cahier n° 1

"  Matériaux d’hier et d’aujourd’hui " cahiers n° 4

"  Autour du monde " cahiers n° 13

"  Electrotechnique, électronique, télécommunications, cahiers n° 16

"  CD-Rom ONISEP, collection Itinéraires pour un métier. "

"  Mécanique, Productique, automobile vol. 8 "

"  Maintenance électronique " vol. 13

"  Le travail des métaux : de la métallurgie à la plasturgie " vol. 17

"  Textile, habillement, mode " vol. 18