TRAVAILLER EN MONTAGNE

PLURIACTIVITE ET TRAVAIL SAISONNIER

 

                                                                                        

 

 
Pour vous, montagne est souvent synonyme de neige, de nature, de plaisir. Mais elle peut être aussi un mode de vie et vous donner envie d’y travailler. Vous pensez spontanément à des métiers sportifs, mais ce ne sont pas les seuls. Découvrez-les, mais sachez que vous serez souvent amené à exercer plusieurs métiers… au rythme des saisons.

La montagne vous fait rêver…

Au-delà des loisirs qu’elle offre, vous aimeriez y exercer un métier pour y vivre. Moniteur de ski, guide de haute montagne, pisteur-secouriste… Pourquoi pas ? Mais vous pouvez envisager bien d’autres activités, sportives ou non, à commencer par les métiers " classiques " qui s’exercent là comme ailleurs et ceux que l’exercice en montagne rend un peu spécifiques.

Des métiers plus ou moins " colorés montagne "

Dans de nombreux cas, des métiers qui en eux-mêmes n’ont rien de spécifiquement montagnard vont être plus ou moins " colorés montagne " de par:

- leurs conditions d’exercice : agriculteur, berger, métiers de la forêt, gardes en espaces protégés, technicien d'installation ou de maintenance de remontées mécaniques..
- leur objet d'études : chargé de développement touristique, conseiller-consultant en environnement et aménagement, juriste, ingénieur forestier, spécialiste du milieu naturel, des risques, nivométéorologue...
- la nature des produits ou des prestations : vendeur d'articles de sport, concepteur de surfs et produits de montagne, technicien et ingénieur travaillant pour l'industrie de la montagne, animateur-gestionnaire d'équipements touristiques et de loisirs sportifs, animateurs du patrimoine, animateurs nature...

Directement ou indirectement, un grand nombre d’activités dépendent des saisons touristiques, dans des secteurs aussi différents que l’animation-loisirs, sportive ou non, l’agriculture, l’industrie et les équipements pour la montagne, l’environnement et l’aménagement …

Certaines activités sont spécifiquement montagnardes, qu’il s’agisse des métiers des pistes et remontées mécaniques ou des métiers sportifs de la neige, de la randonnée et de l’alpinisme.
Mais des métiers plus "classiques" peuvent aussi s'exercer en milieu montagnard: les métiers de l'hôtellerie-restauration, de la vente, du transport de marchandises ou de personnes, du bâtiment, des services...

Avoir plusieurs compétences

Cinq ou six mois l’hiver, deux ou trois mois l’été...C’est pendant ces périodes que se concentrent beaucoup d'activités en montagne, d'où les besoins importants en main d'oeuvre saisonnière.

La diversification dans le cadre d'une seule activité existe : on peut être cuisinier l’hiver en station, l’été à la mer, travailler dans l'agriculture, le commerce ou l'enseignement d'un sport en toutes saisons.
Pourtant, dans la plupart des cas, saison d’hiver et saison d’été requièrent des compétences multiples. Un travailleur sur trois exerce deux, trois activités différentes (ou plus) dans l'année, d'où le terme de "pluriactivité".
Dans les vallées alpines, comme en Tarentaise, c’est un actif sur deux qui est amené à combiner plusieurs activités. Sans une deuxième compétence, les saisonniers n'effectuent pas plus de trois saisons en moyenne.

Des combinaisons d'activités multiples et variées

Ainsi le moniteur de ski peut dès le printemps exercer comme charpentier, agriculteur ou moniteur de voile, le pisteur devenir l'été moniteur de VTT, le conducteur de remontées mécaniques travailler comme maçon ou chauffeur...
Dans tous les cas, il faut jongler entre plusieurs employeurs, plusieurs logements, plusieurs statuts.

Etre saisonnier au quotidien

Un quart des emplois du tourisme est occupé par des saisonniers*, soit 35 000 équivalents temps plein en Rhône-Alpes.
42% des saisonniers travaillent dans les hôtels, restaurants, hébergements...Tous secteurs confondus, 2% des saisonniers ont le statut de cadres, 50% celui d'employés.

Travailler en saison en montagne, c'est travailler dans un cadre unique, changer d'activité...
Mais c'est aussi accepter de faire beaucoup d'heures, ne pas savoir si on sera repris la saison suivante ou si la saison sera écourtée.

Après une saison (où on n'a pas compté ses heures), il faut trouver le temps et l'énergie pour se former ou se perfectionner pendant les "intersaisons". De plus en plus d'employeurs et de collectivités locales se mobilisent autour du logement et des conditions d'accueil des saisonniers.

Les "espaces saisonniers", implantés dans de nombreuses stations, permettent de s'informer sur ses droits en matière de condition de travail, rémunérations, droit à la formation, santé, logement (une dimension cruciale, de plus en plus prise en compte par les employeurs et les collectivités territoriales)...

* on évoque sous ce terme les saisonniers salariés, sachant que travaillent en saison d'hiver et/ou d'été de très nombreux travailleurs indépendants (moniteurs de ski, accompagnateurs en montagne, commerçants, artisans, hôteliers et restaurateurs...)

Stratégies pour une insertion durable en montagne

Les formations adaptées au contexte montagnard sont un élément déterminant mais pas suffisant pour une insertion durable en milieu montagnard.

Actualiser ses compétences, en acquérir d'autres, se former à la gestion, aux langues, à la communication, c'est souvent indispensable pour se doter du petit "plus" qui fera la différence, si on envisage de se mettre à son compte.
Difficile de rester guide de haute montagne ou pisteur-secouriste toute sa vie...Il faut aussi penser à se reconvertir.

Source ONISEP