Le Secteur de l'Agriculture
L’ensemble de ce chapitre a été réalisé avec le
concours de la
Direction
Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt Rhône-Alpes
Service
Statistique, Information et Prospective
165, Rue Garibaldi - BP 3202
69401 Lyon Cedex 03
tel: 04 78 63 13 13
sersip.draaf-rhone-alpes@agriculture.gouv.fr
Le nombre
d'exploitations professionnelles continue de diminuer, à raison de 3% par an de
2005 à 2007.
Leur potentiel agricole est cependant conservé avec 25,2 millions d'hectares mis
en valeur. Elles regroupent désormais 770 000 actifs permanents.
326 000 exploitations professionnelles en 2007

Sources: Agreste – Enquête sur la structure des exploitations en 2005 et 2007 Recensements agricoles 2000 (même échantillon) et 1988
Le recul du nombre d'exploitations agricoles se poursuit. On en dénombre 326 000 dites professionnelles en France métropolitaine fin 2007. Celles de moindre importance ne sont plus que 181 000. Depuis 2005, l'effectif des exploitations professionnelles diminue de 3% par an, soit au rythme de la période 1988-2000. Ce rythme avait ralenti entre 2000 et 2005.
Moins nombreuses, les exploitations professionnelles grandissent. Parce qu'elles récupèrent les terres délaissées par celles qui cessent leur activité. Et permettent de maintenir le potentiel de l'agriculture.
En 2007, l'exploitation moyenne dispose de 78 hectares de superficie agricole. Soit 3 hectares de plus qu'en 2005 et 12 de mieux qu'en 2000. Les exploitations professionnelles s'étendent désormais sur 25,2 millions d'hectares de superficie agricole. C'est à peine moins qu'en 2005 ou en 2000.
Des conjonctures différentes
L'agrandissement des exploitations
concerne toutes les orientations. Les exploitations de grandes cultures
s'étendent maintenant sur 116 hectares en moyenne, soit 6 de mieux en deux
années.
Les éleveurs de bovins pour la viande en gagnent 6, avec 56 vaches allaitantes
contre 53 en 2005. Les élevages laitiers comptent désormais 44 vaches laitières
de moyenne, contre 40 en 2005 et 37 en 2000.
Seule la viticulture d'appellation échappe à la course aux surfaces. Par exploitation, le vignoble d'appellation reste stable à 14 hectares. L'évolution du nombre d'exploitations par spéculation illustre la conjoncture des secteurs et la poursuite de la spécialisation en agriculture. Dans une conjoncture favorable, le nombre d'unités de grandes cultures ne diminue que de 4% entre 2005 et 2007.
Bonne tenue aussi pour l'élevage des
bovins pour la viande, dont le cheptel se maintient à un haut niveau. Le nombre
d'élevages laitiers diminue au contraire de 9% en deux années, traduisant sans
doute l'impact du découpage des aides à la production laitière.
Baisse aussi pour l'effectif des arboriculteurs fruitiers et des
maraîchers-horticulteurs.
En recul de 7%, le nombres d'exploitations de polyculture et de polyélevage
poursuite sa chute.

Sources: Agreste – Enquête sur la structure des exploitations en 2007 et Recensements agricoles 2000 (même échantillon)
L'exploitation individuelle reste prédominante, mais ne représente plus que six unités professionnelles sur dix en 2007. Elles en constituaient sept en 2000 et neuf sur dix en 1988. Traditionnellement plus petites, elles mettent en valeur un peu plus de 40% de la surface agricole. Le nombre de groupements agricoles d'exploitation en commun (Gaec) se stabilise autour de 40 000, alors que l'essor des exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) se poursuit.
Elles sont 70 000 en 2007 soit 5 000 de plus qu'en 2005. Autre signe de la montée en puissance des formes sociétaires : le développement des sociétés civiles.
Sources: Agreste – Enquête sur la structure des exploitations 2005 et 2007 et Recensements agricoles 2000 (même échantillon) et 1988
770 000 actifs permanents
Hors saisonniers et emplois
occasionnels, 770 000 personnes travaillent dans les 326 000 exploitations
professionnelles en
2007. Le nombre des
coexploitants accompagne la montée en puissance des formes sociétaires : il
croît au rythme moyen annuel de 0,4% entre 2005 et 2007 après 2% de 2000 à 2005.
Les autres actifs familiaux se font plus rares.
Les femmes d'agriculteurs accentuent leur désengagement de la ferme. L'effectif
des conjointes sans statut de coexploitant diminue annuellement de 7,5% depuis
2005. Il baissait de 4,8% par an entre 2000 et 2005. Et le nombre des autres
actifs familiaux recule de 6% par an depuis 2005.
Malgré un effectif en légère baisse,
le poids des salariés permanents non familiaux s'accentue. Ils constituent
maintenant 18% des actifs permanents contre 16% en 2000.
Chefs d'exploitation et coexploitants travaillent souvent à temps complet sur
l'exploitation : à 85% pour les premiers, à près de 75% pour les seconds. Les
femmes d'agriculteur sont peu présentes à la ferme. Seule exception : celles qui
adoptent le statut de conjoint collaborateur qui donne droit à une meilleure
protection sociale. Elles travaillent alors pour moitié à temps plein.
Le nombre de coexploitants continue sa progressionActifs dans les exploitations professionnelles par statut
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|
Nombre d'actifs
|
Quantité de
travail |
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|
2000 |
2007 |
2000 |
2007 |
|
|
Exploitants |
491,6 |
435,9 |
453,5 |
400,4 |
|
Chefs d'exploitation2 |
394,0 |
326,2 |
368,7 |
305,8 |
|
Autres coexploitants |
97,6 |
109,7 |
84,8 |
94,6 |
|
Conjoints non coexploitants |
179,8 |
1420,5 |
109,6 |
67,2 |
|
Autres actifs familiaux |
116,6 |
73,4 |
48,9 |
32,6 |
Ensemble des actifs familiaux |
788,0 |
629,8 |
612,0 |
500,2 |
|
dont femmes |
279,6 |
211,0 |
186,5 |
141,3 |
|
dont salariés |
25,9 |
28,2 |
20,1 |
22,0 |
|
Salariés permanents non familiaux |
150,1 |
139,2 |
126,4 |
117,5 |
|
Salariés saisonniers |
// |
// |
89,5 |
81,6 |
|
Salariés des Eta3 et Cuma4 |
// |
// |
6,9 |
8,6 |
Ensemble des Actifs |
// |
// |
834,8 |
707,9 |
|
1. Unité de travail annuel (travail d'une personne à plein temps pendant une année) |
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|
2. Ou premierco exploitant |
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3. Entreprises de travaux agricoles 4. Coopératives d'utilisation de matériel agricole |
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Sources: Agreste – Enquête sur la structure des exploitations en 2007 et recensement agricole 2000 (même échantillon)
2,2 actifs par exploitation:
Les exploitations agricoles utilisent en 2007 l'équivalent de 708 000 personnes à plein temps, soit 43 000 de moins qu'en 2005. Cela représente en moyenne 2,2 actifs par exploitation en 2007, comme en 2000 et en 2005.
Ces données incluent les
contributions des saisonniers, des entreprises de travaux agricoles (ETA) et des
coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma).
Les chefs d'exploitation fournissent 43% de la force de travail, et les
coexploitants 13%. L'ensemble des salariés non familiaux y contribuent pour 30%,
soit plus qu'en 2000. La main d'oeuvre agricole fluctue beaucoup selon les
spéculations.
Les arboriculteurs fruitiers ont les
plus gros besoins : en moyenne 4,8 personnes.
Maraîchers et horticulteurs font appel à 4,6 actifs.
Trois personnes suffisent en viticulture d'appellation.
Les exploitants de grandes cultures et les éleveurs de bovins pour la viande
sont les plus économes en main d'oeuvre, avec respectivement l'équivalent de 1,7
et 1,6 personne à plein temps. La composition de la force de travail diffère
avec la spécialisation. Elle demeure familiale à 90% en élevage bovin à viande.
Elle est à 70% salariée chez les arboriculteurs, à 65% en
maraîchage-horticulture et à 50% chez les producteurs de vins d'appellation.
Avec une différence: le recours à des saisonniers chez les arboriculteurs et à
des salariés permanents chez les maraîchers.


En bref...
- On dénombre 9 000
exploitations professionnelles et 11 400 plus modestes dans les départements
d'Outre-mer en 2007. Les premières mettent en valeur 93 800 hectares, soit 77%
du territoire.
Elles génèrent 85% de l'activité économique du secteur agricole. Les
exploitations non professionnelles, quatre fois plus petites, mettent en valeur
2,5 hectares en moyenne qui emploient 30% de la force de travail agricole.
- L'effectif des exploitations professionnelles se stabilise depuis 2005 après plusieurs années de baisse. Il est en 2007 inférieur de 5,6% à celui de 2000 en Guadeloupe, de 5% en Guyane, et de 3,7% à la Martinique. La baisse épargne la Réunion qui compte un peu moins de 5 000 professionnelles.
Méthodologie
-
L'enquête sur la structure des exploitations de 2007 est la troisième de la
décennie. Environ 74 000 exploitations de France métropolitaine ont été
interrogées entre l'automne 2007 et le début de l'année 2008.
Afin de présenter des évolutions statistiques significatives, les résultats 2007
et 2005 sont comparés aux données 2000 du même échantillon, qui peuvent
légèrement différer de ceux du recensement.
-
L'exploitation agricole est une unité économique à gestion unique qui participe
à la production agricole.
Elle répond à l'un des critères de dimension suivants : avoir au moins un
hectare de superficie agricole, 20 ares de culture spécialisées, ou encore une
production agricole dépassant certains seuils (une vache, dix ruches, etc...).
- L'exploitation agricole professionnelle satisfait à deux conditions supplémentaires. Sa dimension économique est supérieure à 8 unités de dimension européenne (UDE), soit l'équivalent de 12 hectares de blé. La quantité de travail qui lui est apportée est au moins égale à 0,75 unité de travail annuel (UTA), soit celle d'une personne travaillant à trois quarts de temps pendant une année. Il existe des passages permanents entre les deux types d'agriculture, professionnelle ou non. Ainsi, un agriculteur professionnel peut-il réduire progressivement sa superficie avant de cesser son activité, jusqu'à se trouver classé parmi les non professionnels. Quand l'exploitation est reprise, elle peut à nouveau rejoindre le groupe des exploitations professionnelles.
ESPACE
AGRICOLE ET AGRICULTURE en Savoie
Source:
www.savoie.pref.gouv.fr
En 2007, l'agriculture couvre en Savoie 190 000 hectares, soit moins du tiers (30%) de la surface totale du département. Inférieur à la moyenne nationale (51%), ce pourcentage est à comparer à la surface occupée par les forêts (28%), les zones naturelles et urbanisées (31%) et les territoires agricoles non utilisés (11%).
L'agriculture entretient à peu près la même surface qu'il y a vingt ans, malgré la forte baisse du nombre d'exploitations. Des agriculteurs plus jeunes mieux formés, dirigent des structures plus grandes, plus souvent sous forme sociétaire et plus spécialisées que celles de leurs aînés. Les productions sont souvent identifiées sous signe de qualité. La production laitière, en surface et en valeur, la vigne en valeur, restent les productions phares du département et contribuent fortement à façonner son image.
La Savoie est avant tout un territoire de montagne : les
surfaces en herbe représentent 85% des surfaces agricoles.
60% de celles-ci sont mises en valeur individuellement par des exploitations
ayant leur siège dans le département* et 40% sous forme d'alpages collectifs, ou
utilisés par des éleveurs transhumants dont le siège d'exploitation se situe
hors de la Savoie.
Pour le reste des terres agricoles, les terres labourables (près de 13 000 ha en
2007) sont occupées à 59% par les céréales et 39% par les cultures fourragères.
Après une progression entre 1988 et 2000, les surfaces en céréales restent
stables, avec toujours la prédominance du maïs tant en céréale pour le grain
qu'en fourrage. Les terres en vignes et vergers représentent la part restante
(2370 ha, soit 2%).
* il s'agit de la surface agricole utilisée recensée définie ci-dessous:
Surface agricole : quelques définitions et précisions:
Par convention, l'ensemble des terres d'une
exploitation agricole est compté dans la commune où est situé son siège.
La surface agricole utilisée des exploitations - 113 750 ha en Savoie en 2007 -
comprend l'ensemble des cultures et des plantations, les superficies toujours en
herbe et les jachères. Pour éviter les doubles comptes, elle exclut les surfaces
exploitées collectivement (alpages collectifs) qui sont comptées à part.
La part en herbe des alpages savoyards s'établit approximativement ainsi en
2007:
- 41 300 ha exploités privativement par des éleveurs savoyards (seules ces
surfaces sont incluses dans la SAU des exploitations savoyardes) ;
- 36 100 ha exploités collectivement ;
- 40 000 ha exploités privativement par des éleveurs transhumants (inclus dans
la SAU du département siège de leurs exploitations)
La SAU des exploitations (113 750 ha) est donc très inférieure à la SAU effectivement située en Savoie (190 000 ha).
Zone de montagne : des indemnités pour handicap
Les indemnités Compensatoires
de Handicaps Naturels (ICHN) ont pour objet de compenser des handicaps naturels
permanents tels que l'altitude, la pente ou un contexte économique et social
défavorable. Le département de la Savoie comprend les zones suivantes:
- Haute montagne (62% du territoire)
- Montagne (30% du territoire)
- Piémont (5% du territoire)
Le montant par hectare de cette indemnité est calculé en fonction du type de zone (haute montagne, montagne, piémont) et du chargement (nombre d'UGB* divisé par la surface fourragère). Pour chaque type de zone, des plages de chargement optimal sont définies. A titre d'exemple, en 2005, le chargement en zone de montagne a été maintenu entre un minimum de 0,15 et un maximum de 2 UGB/ha, avec un taux maximal d'aide pour un chargement entre 0,45 et 1,2 UGB/ha.
Ce chargement est calculé en prenant en compte
: du nombre moyen d'UGB bovines présentes sur l'exploitation l'année N-1 (Base
de Données Nationale d'Identification Bovine Généralisée BDNI), du nombre
d'ovins et caprins de la déclaration Prime à la Brebis de l'année N et du nombre
d'équidés déclarés lors du dépôt du dossier ICHN 2004.
"L'aide est de l'ordre de 200€ par ha en zone de montagne, 130€ par ha en zone
montagne et 55€ par ha en piémont, et l'ensemble est plafonné à 50 ha maximum
par exploitation".
* UGB: Unité de Gros Bétail
Les orientations dominantes sont la production laitière et la viticulture
Adaptées aux territoires
locaux, les productions agricoles savoyardes sont très variées : céréales,
fruits, maraîchage, lait, viande... Les secteurs dominants sont le lait, le vin
et dans une moindre mesure, la viande.
Le système bovins-lait concerne plus d'une exploitation sur quatre et représente
plus de 45% du potentiel agricole savoyard. C'est le système majoritaire des
zones de montagne : Bauges, Beaufortain, Tarentaise, Vanoise, Maurienne, et de
l'Avant-Pays pour partie. Un dixième des exploitations est orienté vers la
viticulture et engendre 15% du potentiel agricole départemental. Un peu moins de
la moitié d'entre elles - les exploitations professionnelles - génère 90% du
potentiel économique de ce secteur.
Avec seulement 3% du nombre total, les exploitations spécialisées en
arboriculture produisent 11% du potentiel agricole. A l'inverse, le poids
économique des exploitations tournées vers le système ovins-caprins, avec de
nombreuses petites structures non professionnelles, atteint moins de 5% du
potentiel économique du département mais concernant un cinquième des
exploitations savoyardes. Il en est de même pour les exploitations en
bovins-viande: 4% du potentiel économique pour 11% des exploitations.
Potentiel (économique) agricole ou dimension
économique: il s'agit d'une notion qui permet de comparer des exploitations
aux surfaces et productions différentes. On l'obtient en pondérant chaque
production par des coefficients appelés "marge brute standard". Calculés par
région, ceux-ci résultent de la valorisation des productions agricoles et des
charges affectées.
Les cantons à potentiel économique le plus élevé sont ceux de la Combe de Savoie
: cantons viticoles de Montmélian et de St Pierre d'Albigny, ainsi que les
cantons de l'Avant-Pays, des Bauges et du Beaufortain.
2 exploitations sur 5 ont disparu entre 1988 et 2000
Au recensement agricole de
2000, la Savoie compte 4 305 exploitations, soit 40% de moins qu'au dernier
recensement de 1988. 4% des exploitations disparaissent en moyenne chaque année.
Il s'agit surtout d'exploitations non professionnelles dont une sur deux a
disparu depuis 1988, le plus souvent du fait de départs à la retraite.
Le regroupement sous forme sociétaire accentue le phénomène de baisse du nombre
d'exploitations. Les zones les plus touchées sont: les Bauges, la Tarentaise
(sauf le canton de Bourg St Maurice) et le canton de Modane. Les zones
périurbaines ou sous influence urbaine sont affectées là où l'élevage est
l'orientation dominante (cluse de Chambéry, couronne d'Albertville, come de
Savoie pour partie).
Les plus fortes densités d'exploitations agricoles se rencontrent surtout dans les zones de production diversifiée : plaines et zones viticoles de l'ouest du département. Plus montagneux, avec des systèmes plus extensifs (élevages), l'est du département connaît des densités relativement élevées dans le Beaufortain et le val d'Arly, moyennes en Tarentaise, faibles en Maurienne où le quart des communes compte moins de trois exploitations agricoles.
La tendance se poursuit globalement depuis 2000, avec 3 400 exploitations en 2005. Un peu plus d'une exploitation sur cinq a disparu en cinq ans, soit une diminution annuelle de 4,6% comparable à celle des deux dernières décennies, et à peine plus forte que la tendance rhônealpine.
Une exploitation agricole est une unité
économique de production qui répond simultanément aux trois conditions
suivantes:
- elle produit des produits agricoles
- elle atteint ou dépasse une certain dimension : un ha de SAU, 20 ares de
cultures spécialisées, ou une activité de production suffisante, exprimée en
nombre d'animaux, en surface ou en volume de production (par ex, 1 vache, 10
ruches...)
- elle est soumise à une gestion courante indépendante.
Une exploitation est dite professionnelle si elle atteint une taille minimale (en Savoie 12 ha de blé ou 8 vaches laitières ou encore un peu plus d'un hectare de vigne AOC et si le travail fourni est équivalent au moins aux trois quart d'un temps plein annuel.)
La surface moyenne des exploitations a plus que doublé depuis 1988.
Ces
dernières sont plus grandes et plus spécialisées.
La SAU moyenne s'élève en 2005 à 34 ha (au même niveau que la moyenne de
Rhône-Alpes, mais inférieure à la moyenne française de 49 ha) et a plus que
doublé en 17 ans (15 ha en 1988).
Tous les systèmes de production sont concernés par l'accroissement de la surface
moyenne des exploitations.
L'élevage laitier est toutefois plus touché par ce phénomène que les autres :
usage privatif plus fréquent des alpages, mais aussi reprises des surfaces des
exploitations disparues, nombreuses pour cette activité. Parallèlement, la
taille moyenne des troupeaux a presque triplé en 17 ans (31 vaches laitières en
2005 contre 21 en 2000 et 11 en 1988).
Les systèmes polyculture élevage, polyélevage ou polyculture, disparaissent au
profit de systèmes plus spécialisés. Comme l'on peut s'y attendre, les SAU
moyennes les plus élevées se rencontrent en montagne (système d'élevages
quasiment exclusifs).
Cette tendance est confirmée globalement par les résultats de l'enquête sur la
structure des exploitations réalisée en 2005 : les orientations économiques les
plus spécialisées renforcent leur importance relative. Les cinq orientations
spécialisées viticulture, arboriculture, bovins-lait, bovins-viande et
ovins-caprins cumulent les trois quarts des exploitations en 2005.
L'agriculture savoyarde est très
largement tournée vers la qualité
Les
agriculteurs savoyards ont su faire des contraintes de leur environnement un
atout et privilégier les productions de qualité : une exploitation sur trois
produit sous signe officiel de qualité, notamment appellations d'origine
contrôlée et dans une moindre mesure, indications géographiques de provenance.
Sont concernés en particulier le vin et le fromage.
L'agriculture biologique est en revanche peu développée par rapport à la plupart
des départements voisins.
Mode de faire-valoir et statut
des exploitations : la location domine et le nombre de formes sociétaires
s'accroît
La part de
la surface agricole en location est passée de 53 à 70% entre 1988 et 2000. Cette
tendance continue avec les trois quarts de la surface agricole en location en
2005. En effet, les terres libérées par les cessations d'activité sont reprises
essentiellement en fermage. Ce mode de faire-valoir est plus fréquent dans les
exploitations laitières, qui utilisent des superficies en herbe importantes. A
l'opposé, la propriété est plus répandue dans les exploitations de viticulture
et de maraîchage.
Les formes sociétaires, 502 exploitations au total en 2000, soit plus du quart
des exploitations professionnelles, sont dans le département en proportion plus
faible qu'au niveau national, mais identique à celle de Rhône-Alpes. L'ensemble
des sociétés détient en 2005, 36% de la SAU et un tiers de la main d'œuvre
agricole départementale, toutes exploitations confondues et concentre plus d'un
tiers du potentiel agricole.
Plus de la moitié d'entre elles étaient des GAEC* en 2000, essentiellement des
élevages laitiers, dont la SAU moyenne est supérieure à 120 ha.
* GAEC: Groupement Agricole
d'Exploitation en Commun
Mode de
faire-valoir: les terres constituant la surface agricole utilisée peuvent
être la propriété de l'exploitant (faire-valoir direct). S'il s'agit de terres
en location, on parle de fermage.
Statut de l'exploitation: exploitation individuelle: le chef
d'exploitation exploite pour son propre compte
Exploitation sous forme sociétaire (ou société): il s'agit le plus
souvent de : GAEC (Groupement Agricole d'Exploitation en Commun), EARL
(Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée), SCEA (Société Civile
d'Exploitation Agricole).
Le parcellaire savoyard très morcelé, a été assez peu réorganisé
Pour des
raisons historiques et de systèmes d'exploitation liés au relief, le parcellaire
des exploitations agricoles savoyardes est très morcelé. Il a fait l'objet dans
un assez faible nombre de communes, seulement, d'un remembrement ou d'échanges
de parcelles permettant une hausse significative de la taille des parcelles et
une exploitation plus aisée.
Dans les zones d'altitude, se sont mises en place des associations foncières
pastorales (AFP) : 39 pour environ 35 000 ha, et huit projets de constitution
sont en cours. Ailleurs, commencent à se créer des associations foncières
agricoles (AFA) : deux créées, dont une autorisée, et une en perspective.
Les deux dispositifs, permettent de mieux gérer l'espace agricole, sans remanier
la propriété, l'AFA restructurant le foncier mais les locations restent
individuelles à la différence des associations pastorales.
La Savoie, département pionnier en matière de protection des terres agricoles
Pour
pérenniser la vocation agricole de certains secteurs pour des motifs d'intérêt
général en raison de productions de qualité ou de la situation géographique, par
exemple en secteur périurbain, on peut définir des zones agricoles protégées (ZAP).
La première en France, d'une superficie de 301 hectares a été créée à
Drumettaz-Clarafond en 2003.
Depuis, quatre autres ZAP ont été créées sur les communes de Grésy-sur-Aix,
Saint-Girod, Méry et Bourg-Saint-Maurice, ce qui porte à 1 311 ha l'ensemble des
superficies ainsi protégées. Un nouveau périmètre de 39 ha va être soumis à
enquête publique sur la commune de La Ravoire et un autre est en cours de
définition sur la commune de Saint-Germain-la-Chambotte.
Des exploitants plus jeunes, mieux formés, moins souvent pluriactifs
La
population agricole de la Savoie compte environ 13 500 personnes, soit 3,5% de
la population totale du département – contre 22 950 personnes et 6,6% en 1988.
Ces éléments sont de même ordre de grandeur au niveau national.
En 2000, le quart des agriculteurs savoyards a moins de 40 ans. Ils sont
généralement à la tête d'unités plus importantes que la moyenne. La part de ces
exploitants plutôt jeunes est la plus forte dans l'Avant Pays, les Bauges, le
Beaufortain et en Haute Maurienne.
Le rajeunissement des exploitations agricoles, constant depuis 1979, va de pair
avec une meilleure formation : 58% d'entre eux ont aujourd'hui suivi un
enseignement général secondaire ou supérieur.
Cependant, les derniers chiffres issus de la MSA montrent un essoufflement de la
tendance avec, début 2008, 22% d'exploitations et coexploitants inscrits de
moins de 40 ans.
La pluriactivité, malgré une baisse globale ces 12 dernières années, reste
toujours caractéristique de la montagne : plus de la moitié des exploitants du
Beaufortain, de Haute Maurienne et pour partie de la moyenne Maurienne et de la
Tarentaise sont pluriactifs. Ils partagent le plus souvent leur activité
agricole avec le tourisme (stations de ski).
La pluriactivité concerne aussi les zones périurbaines et viticoles (versant sud
et est des Bauges notamment) mais elle y est en baisse marquée.
Les systèmes pastoraux : une caractéristique des zones de montagne
Au
recensement des unités pastorales Rhône-Alpes de 1996, les 916 unités
pastorales savoyardes exploitées couvrent un quart de la surface du département:
157 000 au total – dont 110 000 ha d'herbe. Quatre unités pastorales sur cinq
sont des alpages d'altitude. Ceux –ci occupent 95% des surfaces. Les parcours
d'intersaison, soit une unité sur cinq et à peine 5% des surfaces, jouent un
rôle de terre de transit pour les troupeaux.
2400 exploitations agricoles utilisent les unités pastorales savoyardes. Un peu
plus de 2000 sont originaires du département, les autres, les transhumants,
proviennent des départements du sud de Rhône-Alpes ou de Provence-Alpes-Côte
d'Azur.
Les alpages savoyards accueillent 45% des effectifs inalpés de la région
Rhône-Alpes : 32 000 bovins (13 000 vaches laitières, 19 100 génisses et autres
bovins), 131 200 ovins, 5 700 caprins.
Les alpages font partie intégrante de systèmes d'élevages bovins, ovins
ou caprins, qui les utilisent à la belle saison, les troupeaux passant le reste
de l'année en bergerie ou étable, avec éventuellement une étape en parcours
d'intersaison, dans des zones de pacage d'altitude intermédiaire (surtout pour
les ovins et vaches allaitantes).
Cependant, les systèmes transhumants constituent aussi une composante
essentielle de l'utilisation des alpages en Savoie.
Ces systèmes d'élevage génèrent également des terrains d'hivernage souvent hors
du département.
Si la surface en alpages a très peu diminué en vingt ans (-4%), en revanche, les
effectifs d'animaux ont augmenté.
La valorisation sous signe de qualité (AOC, IGP) des productions issues
de l'élevage laitier (Beaufort, Reblochon, Tome des Bauges) a favorisé le
maintien des troupeaux de vaches laitières en alpages. Le label "Agneau
d'alpage" a joué le même rôle pour l'élevage ovin.
L'utilisation collective des alpages par des groupements pastoraux tient
une place essentielle dans l'organisation de la vie pastorale en Savoie.
C'est une tradition qui présente de nombreux avantages :
• Gestion collective du troupeau et des moyens de production
• Acquisition en commun de matériel adapté
• Embauche de main d'œuvre partagée
• Possibilité pour les éleveurs de se consacrer davantage aux travaux de
fenaison sur l'exploitation
• Meilleure adéquation entre surface de pâture disponible et taille du troupeau
• Possibilité de fabriquer des fromages nécessitant de grandes quantité de lait
et qui répond à une nécessité économique et écologique de l'entretien des
estives
Nombreux en Savoie (80), les groupements pastoraux concernent aussi bien les
vaches laitières que les génisses, vaches allaitantes, ovins et caprins, issus
de troupeaux locaux comme de troupeaux transhumants et regroupent environ 450
éleveurs sur 55 000 ha pour:
• 60 000 ovins
• 6 000 vaches laitières
• 3 000 génisses
• 400 chèvres
La zone de présence avérée ou potentielle du loup concerne une large part
des alpagistes et des effectifs ovins inalpés. Les politiques publiques de
soutien au pastoralisme durable ont permis de développer des opérations
d'équipement (parcs, accès, chiens de protection) et d'améliorer les conditions
de vie et d'hébergement dans les alpages ovins utilisés par les éleveurs locaux
et transhumants.
Au delà de leur contribution à l'équilibre économique des systèmes
d'exploitations, les alpages savoyards participent à la structuration de
l'espace et du paysage, au maintien de la biodiversité et à l'image de la
montagne. Ce sont aussi des territoires partagés et parcourus par les
randonneurs, les skieurs et les chasseurs, mais aussi susceptibles d'être
l'enjeu de conflits d'usage.