Le Festival,
édition 2008, aura lieu à Chambéry du 20 au 23 novembre.
Vous trouverez sur
cette page, différents articles et interviews...
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50 BOUGIES POUR LE PGHM DE
CHAMONIX
L'indispensable et
prestigieux peloton de Gendarmerie de haute montagne de
Chamonix a été créé il y a tout juste 50 ans, en 1958, au
lendemain de la tragédie qui avait coûtée vie aux alpinistes
Vincendon et Henry au Mont-Blanc.
On compte désormais une vingtaine de pelotons spécialisés
répartis sur le territoire national, dont la tâche est très
variée puisqu'il leur revient de centraliser les alertes,
d'organiser les liaisons opérationnelles, d'effectuer les
secours et de diligenter les enquêtes concernant les accidents
de montagne. Le PGHM de Chamonix avec l'unité d'Annecy réalise
chaque année une moyenne de 1300 interventions,
essentiellement dans le massif du Mont-Blanc. Vous pourrez
rencontrer les gendarmes spécialistes du secours en montagne
sur leur stand du village des professionnels.
(Propos recueillis par Henri PELLETIER)
LA
PRESSE SUR LE DEVANT DE LA SCENE
C'est pour rendre hommage à
Philippe Revil, journaliste disparu en montagne en août 2006,
que Club de la Presse des Pays de Savoie a imaginé le "prix
montagne" qui porte son nom, récompensant la meilleure
contribution journaliste sur la montagne et cela dans trois
catégories: la contribution journalistique la plus engagée, la
contribution journalistique la plus artistique et, enfin, tout
simplement le coup de coeur du jury. le dépôt de candidature
est d'ores et déjà ouvert et la limite des inscriptions est
fixée au 21 octobre 2008. Le règlement de ce prix et la fiche
d'inscription sont disponibles sur le site internet du club (www.savoieclubdelapresse.com)
ou par courrier en s'adressant au Club de la Presse des Pays
de Savoie - 6, Rue Métropole - 73000 Chambéry - 04 79 70 11 36
-
prixmontagne@savoieclubdelapresse.com .
Le palmarès 2008 sera dévoilé vendredi 21 novembre.
(Propos recueillis par Henri PELLETIER)
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2006
CHAMBERY, VILLE DES ALPES 2006
Ce fut la bonne nouvelle de 2005 pour ce qui concerne la
montagne et Chambéry : sa nomination de "Ville des Alpes
2006". Un événement qui met en exergue le travail accompli
depuis des années pour la montagne et l'arc alpin en
particulier.
Habituellement, le jury international qui sélectionne la ville
prend sa décision sur concours et dossiers de candidature.
Pour 2006, son choix s'est porté sur Chambéry, après constat
des actions réalisées depuis des années à travers une
politique locale déterminée en direction de la montagne.
Cette décision fut donc une authentique -bonne- surprise dans
la mesure aussi où la ville n'avait pas fait acte de
candidature. Il s'agit bien d'une véritable reconnaissance du
travail accompli par la ville elle-même, mais aussi par tous
les acteurs publics et privés qui, ici, centrent leurs
préoccupations sur l'avenir et la préservation des zones de
montagne et, en particulier, sur l'arc alpin.
Cette nomination n'est pas qu'honorifique, elle implique aussi
et surtout, des devoirs, en l'occurrence l'engagement de la
ville à accueillir et à organiser des manifestations
d'audience internationale, d'axer la programmation "montagne"
sur le thème du développement durable, et, enfin, à mettre en
place des actions s'inscrivant dans la durée.
Le fait est que ce cahier des charges n'a pas modifié
notablement la conception et l'organisation des diverses
manifestations prévues pour 2006 à Chambéry puisqu'elles
répondaient pour l'essentiel aux objectifs.
Le festival s'inscrit naturellement dans la programmation de
Chambéry Ville des Alpes 2006, les objectifs du festival étant
(depuis sa création en 1994) dans l'esprit de la Convention
Alpine. Enfin et surtout, le grand événement de cette années
est incontestablement l'ouverture de la Maison des Parcs et de
la Montagne à Chambéry, un espace mis au service de la
montagne et de ses acteurs, qui trouvera en cette année 2006
si importante, une résonance toute particulière.
Henri PELLETIER.
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ARCHIVES DEPUIS 2002
CHAMBERY
A L’ECHELON MONDIAL
Des
professionnels, de 40 pays et 4 continents –
et 70 000 visiteurs ont assuré le grand succès de
Chambéry, point focal français de l’Année Internationale
des Montagnes décrétée par l’ONU. Il faut dire que le
programme – original, diversifié et pointu – a su les séduire.
Bilan
d’une année exceptionnelle avec André Gilbertas, Président
de Montanea et coprésident du Festival des Métiers de la
Montagne.
Quel bilan
tirez-vous de cette Année Internationale des Montagnes à
Chambéry ?
Tout d’abord,
nos engagements ont été tenus. L’association Montanea, créée
pour l’occasion, s’était fixée pour objectifs de fédérer
les acteurs de la montagne, d’animer à Chambéry l’AIM,
de promouvoir les projets de ses membres adhérents et
d’organiser des manifestations durant cette année 2002.
Les objectifs
ont été largement remplis. Nous avons su ouvrir très
largement le débat et susciter des rencontres entre
professionnels au cours de dix colloques internationaux, huit
soirées-débats et conférences et sept expositions. De plus,
trois résolutions ou chartes internationales importantes ont
été signées à Chambéry. 70 000 personnes ont participé
à ces manifestations, venues de France mais aussi de quarante
pays et quatre continents.
Quelles
sont, pour vous, les raisons de ce succès ?
Le mérite en
revient à la qualité du programme très ambitieux que nous
avons proposé aux participants. Nous n’avons pas pris des
chemins de randonnée trop empruntés mais des chemins de
haute montagne plus escarpés.
Les participants
internationaux et français nous ont suivis parce que nous
avons abordé des sujets originaux, ciblés, pointus, variés.
Quel est le
point commun entre un éleveur de lamas, un médecin qui
traite des fractures de snowboard,
un policier
scientifique, un spécialiste des grandes catastrophes, un
viticulteur d’altitude, une femme afghane, un amateur de
photos rarissimes… ? Ils se sont tous retrouvés à Chambéry
cette année !
Comment
l’expliquez-vous ?
Les communautés
montagnardes, dans tous les pays, vivent un peu de la même
manière, sont soumises à des conditions de vie plus
difficiles, ont été façonnées d’une façon qui peut se
ressembler mais ont réagi différemment.
Les thèmes que
nous avions arrêtés étaient fédérateurs et permettaient
des échanges en profondeur.
Cette Année
Internationale des Montagne a-t-elle bien servie l’image
"montagne" que se forge Chambéry ?
Oui, indéniablement.
Les retombées positives sont déjà engrangées.
À Chambéry,
nous avons fait parler de la montagne d’une façon
originale. Nous avons brassé des idées, fait bouger les choses, échanger des expériences,
susciter des rencontres entre professionnels, spécialistes,
passionnés.
L’économie
locale en a bénéficié immédiatement ; les participants
sont restés en moyenne trois jours dans notre ville. Nous
avons conforté notre image de "ville congrès", de
capitale de la montagne sur laquelle nous travaillons depuis
plusieurs années, amplifiée, il y a deux ans, par la tenue
à Chambéry, du Forum mondial de la montagne.
Le projet
"Maison des Parcs " viendra encore renforcer notre
positionnement.
Cette
Année Internationale des Montagnes a constitué un énorme
travail pour une structure nouvellement créée ?
C’est vrai.
Nous avons créé l’association Montanea il y a un an. Elle
réunit cent trente membres issus de tous les secteurs
professionnels exerçant en montagne. Par convention, les
actions qu’elle détermine sont mises en œuvre par le
service promotion de la ville, disposant, lui-même de peu de
personnel. Je tiens d’ailleurs à souligner sa compétence
et à l’en remercier, notamment Monique Marchal qui a su
conduire, avec sa petite équipe, ce programme ambitieux. Je
remercie également nos partenaires institutionnels, l’État,
la DATAR, la Région, le Conseil général de la Savoie, la Scène
nationale André Malraux et la Ville de Chambéry, mais aussi
privés, le Crédit Agricole des Savoie, EDF-GDF, le groupe
Carrefour, la SAIEM, le STAC, la CCI, le Dauphiné Libéré et
France Bleu Pays de Savoie.
Parlons
du Festival international des métiers de montagne,
maintenant. Que
dire de l’édition 2002 qui se tient du 27 novembre au 1er décembre
?
Que l’esprit
reste résolument le même : il est un lieu de rencontres de
professionnels autour des métiers de la montagne. Cette
formule continue à assurer notre succès : nous y
accueillons, à chaque édition, une moyenne de 20 000
visiteurs. Une tendance s’accentue : celle d’organismes
qui profitent de la tenue du festival pour tenir leur propre réunion
interne. Professionnels français et étrangers seront encore
plus nombreux cette année.
Ils se
retrouveront autour de tables rondes, de carrefours,
d’animations… dont les sujets sont, là encore, très ciblés.
Et, autour des
trois villages qui sont un peu l’âme du festival : celui
des professionnels, celui de l’emploi et celui de la
formation. Toutes les animations et les rencontres
s’inscrivent toujours dans le même esprit : faire découvrir
les métiers de la montagne.
La permanence de
l’âme du festival repose également sur l’engagement des
maîtres d’œuvre et de l’enthousiasme de plus d’une
centaine de jeunes volontaires de Savoie et du Jura.
Chambéry a
d’ailleurs valeur d’exemple…
Il est exact que
certains de ces thèmes abordés lors de l’Année
Internationale des Montagnes ont été repris par la suite et
ailleurs.
En outre, une délégation
de la ville de Brest est venue avec nous parler de
l’organisation d’un Festival international des métiers de
la mer. C’est tant mieux et c’est notre fierté. L’image
du festival en sort grandie.
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Trois délégations
étrangères de montagnards sont présentes, cette année, sur
le Festival :
Chambéry
accueille, à nouveau, une délégation de Vénézuéliens,
venu d’un pays que l’on peut considérer comme un habitué
du festival puisqu’il revient après un premier séjour lors
de la dernière édition. Objectif : rencontrer des
professionnels travaillant notamment dans les filières
agricole et touristique (voir interview de Yves Lesenfants).
L’Algérie est
également présente par la venue d’une délégation de
Tikjda, une station touristique et sportive de montagne, fondée
dans les années 30 à 1 600 mètres d’altitude. Située au
cœur du Parc national du Djurdjura, elle compte des sommets
de plus de plus de 2 000 mètres.
Les membres de
la délégation viennent pour rencontrer des professionnels et
mettre en place de nouvelles coopérations.
Enfin, le
festival accueille une délégation du massif de l’Altaï.
À l’origine
de cette venue, quatre chambériens (dont le docteur
Jean-Michel Dunand et Eric Brunat, à l’initiative du déplacement
de cette délégation) qui découvrent, il y a trois ans, à
cheval, cette région mythique. L’accueil est chaleureux, la
demande d’ouverture est forte et décision est prise
d’instaurer des échanges suivis pouvant aboutir, notamment,
à la mise en place d’une structure de développement
touristique. L’échange d’expériences entre les
montagnards des deux pays est intéressant puisque les deux
massifs connaissent des conditions climatiques et géologiques
très similaires.
Première concrétisation
:
le séjour chambérien
d’une délégation qui se compose de deux spécialistes en sécurité
et en secours en montagne, d’un professionnel du tourisme,
d’un universitaire, géologue spécialiste des glaciers qui
nouera des contacts avec ses confrères de l’université de
Grenoble, et d’un représentant du gouverneur de la région
de l’Altaï.
Leur carnet de
rendez-vous est très chargé : pendant une semaine, les
contacts seront nombreux et devraient donner lieu à la
naissance de coopérations.
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2002,
une année de montagne à Chambéry
Chambéry,
point focal français de l’Année Internationale des
Montagnes, a été l’occasion, pour l’association Montanea
d’organiser des manifestations qui ont, toutes, connues un
grand succès. Rappel des faits…
Ø
Dix colloques
internationaux…
Les
conflits en montagne, police scientifique Interpol, rôle de
la femme en montagne, secours en hélicoptères, villes classées
et risques naturels, traverser les montagnes, parcs et espaces
réservés, élevage, secours par les pisteurs-secouristes,
santé et montagne.
Ø
Neuf soirées-débats
et conférences…
Conflits,
femmes, enfant et imaginaire, éthique et défi, Aziz Afghan,
Albert Jacquard, Christine Janin, ouverture et clôture de
l’année 2002.
Ø
Sept expositions sur
la montagne…
Musée
Savoisien, Chapelle Vaugelas, Espace Malraux, médiathèque,
Galerie Euréka, galerie du Larith
Ø
Une action
Humanitaire
Montanea
a profité de cette année pour mener une action humanitaire
en faveur
d’un
pays de montagne particulièrement touché par la guerre :
l’Afghanistan.
L’ambassade
de France et les militaires du 7e BCA de Bourg-Saint-Maurice,
en mission à Kaboul, identifiaient un lycée : " Aziz
Afghan ", recevant 4 800 élèves.
Un
compte, ouvert et géré par l’étude maître Sannino, reçoit
les dons des Savoyards et des Chambériens jusqu’à la fin
de l’année. Les sommes perçues seront intégralement
reversées. Une soirée au théâtre Charles Dullin, animée
avec talent pour le groupe chambérien Couleurs du temps
a contribué à alimenter ce compte.
Ø
Trois signatures…
Trois
résolutions ou chartes internationales ont été signées à
Chambéry :
•
" Le rôle des femmes en montagne "
(présentée à Johannesburg, finalisée à Timpu, actée
à Bishkek)
•
" Villes de montagne et risques naturels "
•
" espaces protégés en montagne "
Ø
… Et de belles fêtes
Lancement
de l’Année Internationale des Montagnes, le Festival de la
bande dessinée, l’emmontagne en ville, des démonstrations
d’hélicoptères venus d’Europe et le Festival
international des métiers de montagne.
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Il
n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas. Sauf à
Chambéry où le Festival international des métiers de
montagne a permis de développer relations et projets entre
partenaires alpins et andains.
Le
parcours d'Yves Lesenfants est pour le moins peu commun.
Belge, passionné par la montagne, il s'est installé depuis
de nombreuses années dans les Andes, au Venezuela pour y créer
une fondation, Andes Tropicales, dont il est le directeur. Son
objectif : travailler sur des projets de protection de
l'environnement. Mais contrairement aux pratiques des grandes
fondations, américaines notamment, impliquées dans la région,
il ne s'agit pas pour lui "de mettre la montagne sous
cloche". Bien au contraire : "Nous essayons de faire
évoluer l'idée qui consiste à associer sauvegarde de
l'environnement et déserts protégés. Pour nous, protéger
l'environnement, c'est développer des outils socio-économiques
dans le cadre de projets qui s'adaptent aux besoins des
populations locales." Avec l'aide de l'Union européenne,
la fondation a développé dans cet esprit un premier projet
dans les Andes centrales visant à améliorer la rentabilité
de l'agriculture et de rationaliser l'utilisation des terres
de façon à éviter l'accroissement des surfaces cultivées
au détriment des zones sensibles. Tout en faisant en sorte
que les espaces protégés soient intégrés au processus de développement.
Depuis, les efforts de la fondation se sont entre autres
concentrés sur la création d'activités touristiques
susceptibles d'offrir aux agriculteurs un retour économique
substantiel à court terme. Ainsi, le premier GR andain va être
créé dans les prochains mois, permettant des retombées
directes au profit des populations, via l'hébergement et la
fourniture de certaines prestations comme la location de
chevaux.
Pour
conforter ses projets, Yves Lesenfants a souhaité développer
ses relations en Europe. C'est à Chambéry, lors du festival
2000, qu'il a trouvé les interlocuteurs qui lui étaient nécessaires.
Quand
on travaille au Venezuela sur des projets comme ceux-là, en
quoi peut-on être intéressé par ce qu'il se passe à Chambéry
et au festival des métiers de montagne ?
La relation avec
Chambéry a été engagée il y a deux ans, lors de la précédente
édition du festival parce que la ville avait développé
toute une dynamique sur le thème de la montagne qui nous
paraissait répondre à certaines de nos préoccupations.
Chambéry s'est par ailleurs fortement impliquée dans le
cadre de l'année internationale des montagnes en devenant le
point focal pour la France, mais avec une activité qui a
largement débordé les frontières nationales. À partir de là,
nous avons entretenu cette relation à travers diverses réunions
et décidé de nous rapprocher le plus possible. Notre projet
a servi de camp de base pour la constitution d'un réseau
andain susceptible de reproduire les techniques et méthodologies
mises en œuvre en Europe et notamment dans les Alpes. Dans
cet esprit, les représentants de la ville sont intervenus
l'année dernière au Venezuela à notre invitation pour présenter
leurs projets concernant la montagne à nos partenaires
andains.
À la suite de
cela, un rapprochement a été opéré avec le réseau alpin,
car il est particulièrement important de s'associer, de créer
des réseaux et des synergies pour échanger et être plus
efficace. Dans ce cadre, Chambéry occupe une place tout à
fait stratégique ; nous envisageons d'ailleurs la ville un
peu comme notre camp avancé en Europe, notamment en nous
impliquant notamment au sein de la Maison des parcs.
Quels sont les enjeux
d'une telle relation entre les Andes et les Alpes ?
Des pays comme
le Venezuela sont des partenaires économiques importants, que
ce soit pour la France en particulier ou pour d'autres pays
européens.
Pour développer
ces relations, il est donc essentiel pour les Européens
d'accroître le niveau de compétences des pays partenaires.
Les projets concernant la montagne entrent dans cette
perspective ne serait-ce que pour éviter que les Andains
reproduisent les erreurs commises en Europe en bénéficiant
de l'expérience acquise ici. L'objectif est bien que les
Andains accèdent le plus rapidement possible à des
conditions de vie meilleures. L'Union européenne, tout comme
l'État français, est sensible à cet objectif puisque nous
recevons d'elle un appui constant depuis sept ans.
En regroupant
les partenaires socio-économiques et institutionnels de la
montagne, le festival vous a finalement permis de gagner un
temps précieux en vous donnant la possibilité de les
rencontrer en même temps et dans un même lieu…
C'est tout à
fait exact puisque le festival m'a permis de nouer de
nombreuses relations, d'avoir des échanges avec des gens de
terrain qui ont accumulé une expérience considérable. Chambéry
constitue pour nous une plate-forme d'échange tout à fait
essentielle pour le développement de nos projets en relation
avec des partenaires alpins.
Nous devons
maintenant concrétiser l'idée de coopération avec le réseau
alpin et nous ouvrir sur un monde extrêmement riche de
savoir-faire et d'expérience en matière de gestion du
territoire et de développement touristique.
Contact : Yves
Lesenfants
- ylesenfants@andestropicales.org
- www.andestropicales.org
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Le Village de
l’emploi à pour vocation de faire mieux connaître aux
visiteurs les moyens dont ils pourraient bénéficier dans le
cadre d’un projet personnel de recherche d’emploi et de
formation. Quelles sont ces prestations ? Rencontre avec
Dominique Clochon, directrice déléguée de l’ANPE de
Savoie et Annie-Claude Chapuis, première conseillère ANPE,
puis avec Jean-Jacques Berthon, directeur de l’AFPA de
Savoie.
Dominique
Clochon et Annie-Claude Chapuis
Que
peut-on attendre de l’ANPE sur son stand du festival ?
Nous avons voulu
axer nos prestations au festival sur les services à distance,
c’est-à-dire l’aide à l’utilisation du site Internet
anpe.fr pour la recherche d’offres d’emploi.
Il s’agit donc
d’apprendre à nos visiteurs sur le stand à naviguer pour
tirer le meilleur profit d’une connexion et trouver le plus
rapidement possible les informations recherchées. Cela
s’adresse naturellement aux personnes qui n’ont pas une maîtrise
suffisante d’Internet pour utiliser le site au mieux. Il
faut aussi rappeler
que ce site est
le plus important en France dans le domaine de l’emploi et
qu’il a été coté quatre étoiles dans une étude
comparative des sites consacrés à l’emploi.
Que trouve-t-on sur
ce site ?
Les offres
enregistrées sur le système informatique de l’ANPE en
France, dans leur très grande majorité. Qui plus est en accès
libre pour la moitié d’entre-elles, c’est-à-dire avec
les coordonnées des entreprises ou avec les modalités à
accomplir pour communiquer sa candidature, notamment lorsque
l’employeur a demandé à l’ANPE d’opérer une première
sélection sur CV par exemple.
De quelles autres
prestations les visiteurs peuvent-ils bénéficier sur votre
stand ?
Des conseillers,
une dizaine, sont présents pendant toute la durée du
festival pour réaliser des entretiens avec les personnes qui
le souhaitent, soit pour parler de leur projet de formation ou
d’emploi, soit pour les aider dans la recherche d’un
emploi, l’élaboration d’un CV, la préparation d’un
entretien d’embauche, etc.
Finalement, vos
prestations ici sont identiques à celles qu’on pourrait
trouver dans une agence ?
La palette de
nos prestations au festival est forcément moins étendue que
ce que propose une agence. Il s’agit d’une
représentation
des services que nous pouvons offrir, ne serait-ce que parce
que nous ne pouvons pas délivrer ces services de façon entière
et totale pendant les cinq jours que dure le festival.
Dans les
agences, nous réalisons par exemple des ateliers d’une durée
de trois heures, regroupant plusieurs demandeurs d’emploi
sur différents thèmes. Nous ne pourrions pas faire cela dans
les mêmes conditions qu’en agence.
Quels sont les
services que propose l’ANPE dans ses agences ?
Je ne pourrais
qu’inciter les personnes à la recherche d’un emploi à se
rendre dans les agences tant il est vrai que nos services sont
nombreux et adaptés à des situations variées. Nous
proposons des aides aux demandeurs d’emploi pour bâtir leur
projet professionnel, pour préparer et optimiser leurs
recherches, se présenter, repérer les offres
correspondantes, répondre aux annonces, c’est-à-dire tout
ce qui entre dans une démarche de recherche d’emploi. Tout
cela a différents niveaux, en fonction des personnes, de leur
projet et de leur connaissance du marché de l’emploi. Mais
les aides peuvent éventuellement être beaucoup plus
importantes, c’est-à-dire se prolongeant sur
des durées de
plusieurs mois pour contribuer à la réussite de leur projet
d’insertion professionnelle. Notre premier service reste néanmoins
la mise en relation sur les offres, car notre mission porte
bien sur le travail d’intermédiation entre la demande et
l’offre.
Avez-vous une démarche
particulière pour ce qui concerne la montagne et les emplois
saisonniers ?
Il est bien
certain que les stations, desquelles émanent de nombreuses
offres d’emplois saisonniers, induisent une part très
importante de l’activité de nos agences, en Savoie et sans
doute dans les autres massifs montagneux.
Pour ce qui
concerne plus particulièrement le secteur de l’hôtellerie
et de la restauration, nous organisons chaque année un salon
spécialisé, qui vient de se dérouler, permettant de mettre
en relation directe employeurs potentiels et demandeurs
d’emplois saisonniers.
Il faut par
ailleurs rappeler que les agences des différents massifs
concernées par ce travail saisonnier sont regroupées au sein
du réseau A3 qui permet d’optimiser la mise en relation
entre l’offre et la demande.
Jean-Jacques
Berthon
Quelles sont les
complémentarités entre ANPE et AFPA ?
Nous dépendons
du même ministère, celui de l’Emploi et de la Solidarité.
Nous avons donc une mission de service public qui constitue la
part la plus importante de notre activité. Nous travaillons
aux côtés de l’ANPE pour ce qui touche à l’orientation
dans le cadre d’une démarche de partenariat : l’ANPE reçoit
les demandeurs d’emploi ; ceux dont le projet personnel
n’est pas clairement défini sont envoyés vers le service
d’orientation de l’AFPA qui
contribue à
mieux formaliser le projet. L’orientation se fait aussi bien
sur le dispositif AFPA que sur d’autres, en fonction des
besoins de formation des personnes concernées. Cela dit, si
le noyau central de ce dispositif comprend la Direction départementale
du travail, l’ANPE et l’AFPA, il comprend aussi d’autres
partenaires comme le Droit des femmes et la DASS.
Ce sont les cinq
composantes du service public de l’emploi en France. Les
institutions régionales sont elles aussi impliquées dans ce
dispositif avec les animateurs territoriaux, par exemple.
Un
demandeur d’emploi doit-il donc nécessairement passer au préalable
par l’ANPE avant d’entrer en relation avec vos services ?
Pas nécessairement
; tout demandeur d’emploi peut se mettre en relation avec
nous quand il le souhaite, ne serait-ce que pour être
renseigné sur tout ce qui est validation de son passé
professionnel de l’expérience acquise, pour en faire le
bilan.
Quel est le coût
moyen des formations que vous proposez ?
Nos stagiaires
sont rémunérés, hébergés gratuitement et disposent d’un
service de restauration.
Comment s’opère la
sélection des candidatures ?
Le terme de sélection
est impropre, même s’il a fait partie de ce que l’on a
reproché à l’AFPA par le passé. L’offre de services de
l’AFPA est telle aujourd’hui qu’on ne peut plus parler
de sélection, mais plutôt d’appui au parcours personnel en
donnant au minimum un conseil au demandeur d’emploi sur ce
qu’il est susceptible de trouver
à l’AFPA,
comme en dehors, concernant les formations les mieux adaptées
à son cas.
Il arrive
cependant que des candidatures soient refusées, notamment
s’il s’avère que le projet des personnes concernées ne
peut être validé. Cela étant, le refus s’applique alors
sur la formation demandée, mais une proposition est faite
pour apporter une réponse au problème posé.
Il ne peut y
avoir chez nous de refus de service ; nos réponses doivent être
adaptées à chaque personne.
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L’ANPE et l’AFPA
ne constituent pas à elles seules l’offre de services présente
au sein du Village de l’emploi. Vous pourrez aussi bénéficier
des conseils et prestations de la Direction départementale du
travail, de l’emploi et de la formation professionnels de
Savoie, de ADIA, agence de travail intérimaire notamment spécialisée
sur l’emploi en montagne, d’Adecco, société d’intérim,
d’Anact-Aravis, de l’Association Grandir Ensemble, de la
CFDT, d’Euralp, de Fongecif, de la Maison de l’information
et de la formation et de l’emploi, de Mission locale jeunes
de Savoie et de la Mutualité de Savoie .
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Formations
Métiers de la montagne : quels besoins nouveaux ?
Face à l’émergence
de nouveaux métiers en montagne, les organismes de formation
des deux Savoie s’adaptent. C’est l’objet d’un
carrefour ce jeudi 28 novembre. Illustration avec deux
exemples : le Centre de formation aux métiers de la montagne
à Thônes et le Lycée des métiers de la montagne à
Saint-Michel-de-Maurienne.
Créé en 1963,
rebaptisé de son nom actuel en 1978, le Centre de formation
aux métiers de la montagne est un établissement privé du réseau
des Maisons Familiales Rurales. Chaque année les vingt-cinq
employés, dont 14 formateurs, accueillent près de 200 élèves.
L’établissement est l’un des seuls du secteur privé à
proposer une double formation allant jusqu’au BTS pour le
scolaire et avec une telle diversité en ce qui concerne la préparation
spécifique " montagne ". Le CFMM prépare en effet
ses élèves, à devenir moniteur de ski (alpin ou nordique),
moniteur d’escalade, pisteur-secouriste, aspirant guide ou
accompagnateur en montagne, selon leurs préférences, leur âge
et leur niveau.
Pour ce qui est
de la formation scolaire, " à l’origine elle était très
agricole. Mais nous nous sommes adaptés à l’évolution des
besoins en montagne, explique Richard Lambert, directeur du
CFMM. Depuis 2000, nous proposons un BEP agricole Aménagement
et entretien de l’espace rural et, depuis la rentrée 2002,
un bac technologique Sciences et technologies de l’agronomie
et de l’environnement. "
Les débouchés
sont plus nombreux : l’agriculture toujours, mais aussi les
services techniques des collectivités, l’ONF, les
stations…
Pour le
directeur, qui insiste au passage sur l’importance de
l’alternance et des stages qu’effectuent tous
les élèves
chez des professionnels de la montagne, l’avenir est à la
pluriactivité. " C’est l’un des secrets du plein
emploi en montagne : avant la saisonnalité était un
handicap. Avec la pluriactivité, elle va devenir un atout.
"
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Le
lycée des métiers de la montagne s’adapte aux évolutions
technologiques.
Labellisé
l’an dernier " lycée des métiers ", le lycée
professionnel de St-Michel-de-Maurienne propose depuis près
de quarante ans une formation professionnalisante, allant du
CAP au post-bac.
Cette formation
comporte des filières généralistes : CAP et BEP de travaux
public, chauffagiste, électrotechnique ou vente, puis bac pro
organisation et gestion des travaux. Mais elle peut aussi être
plus spécialisée vers les métiers de la montagne, avec les
CAP-BEP transport par câble-remontées mécaniques, le bac
pro maintenance des ystèmes automatisés et la FCIL
nivoculteur (production de neige de culture).
" L’objectif est de permettre aux jeunes attirés par la
montagne de rester travailler au pays en devenant des
pluriactifs, explique Guy Caron, proviseur du lycée.
Pour cela nous
sommes évidemment très attentifs aux évolutions des métiers
de la montagne.
Pour preuve,
nous avons créé l’an dernier la Formation complémentaire
d’initiative locale (FCIL) nivoculteur.
Une telle
formation n’existait pas dans l’Education nationale.
Son contenu a été
élaboré avec le Syndicat des téléphériques français et
si elle se pérennise, elle débouchera peut-être sur un diplôme
national. "
Mais le lycée
des métiers de la montagne ne mériterait pas vraiment son
nom s’il n’accueillait pas une section " ski de haut
niveau " et s’il ne proposait pas à tous ses élèves,
en complément de la formation scolaire (du coup le BEP se
fait en trois ans au lieu de deux), une préparation aux
brevets d’Etat de ski ou d’accompagnateur en montagne. Préparation
dans laquelle le taux de réussite dépasse les 80 %.
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Depuis plusieurs
années, l’accueil en montagne des personnes en situation de
handicap se développe. Normal donc que le Comité handisport
de Savoie soit présent au festival. Autant pour informer son
public que pour sensibiliser tous les valides.
La Fédération
handisport gère toutes les activités sportives des personnes
en situation de handicap physique et visuel. Son antenne en
Savoie, le Comité handisport Savoie, est évidemment très présente
sur le créneau des activités de montagne.
" Notre mot
d’ordre c’est : la montagne accessible à tous, explique Gérard
Thievenaz, conseiller technique départemental. Le handicap
est une situation très relative : quand les infrastructures
et l’encadrement sont adaptés, le handicap est considérablement
réduit. " Pour l’encadrement, le Comité propose des
sessions de formation débouchant sur une Certification de
qualification handisport et pour celles et ceux qui désirent
aller plus loin, un brevet d’État handisport a été créé.
Pour ce qui est
des infrastructures, de grands efforts ont été faits ces
dernières années. À l’initiative du Comité handisport
Savoie, des brochures récapitulant, station par station, les
aménagements (infrastructures et encadrements) réalisés en
faveur des personnes en situation de handicap, ont été éditées.
" Les progrès
sont constants car le créneau est porteur. Aujourd’hui tout
le monde communique autour de l’accueil des personnes en
situation de handicap. Mais il reste toujours beaucoup à
faire, commente Gérard Thievenaz. Ce qui manque encore
c’est une approche cohérente et globale de la question par
tous les acteurs : collectivités, hébergeurs, professionnels
du tourisme… "
La présence du
Comité au festival se veut donc à la fois un service pour
les personnes concernées (présentation du Comité et des
clubs handisport de Savoie, brochures…) et une action de
sensibilisation.
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C’est un
paradoxe : alors que la montagne est un milieu encore plus
fragile que les autres, c’est dans les zones de montagne que
les métiers de sensibilisation à l’environnement ont le
plus de mal à se développer.
Est-ce un manque
de volonté ? " En partie, mais c’est surtout un manque
d’information et de connaissances ", répond Jean-Luc
Chautagnat, de l’association savoyarde Oxalis (massif des
Bauges) et membre du Collectif régional d’éducation à
l’environnement (CREE). D’où la présence sur le salon
cette année – c’est une première – du CREE,
organisateur d’un carrefour sur le thème de la
sensibilisation à l’environnement, jeudi 28 novembre.
" Le but de
ce carrefour et
du stand que nous présentons parallèlement est de rappeler
que plusieurs formations existent et qu’elles peuvent déboucher
sur des métiers spécifiques, comme éducateur à
l’environnement par exemple, poursuit Jean-Luc Chautagnat.
Mais notre objectif est aussi de sensibiliser tous les
professionnels de la montagne aux thèmes de l’environnement
: la faune et la flore mais aussi les paysages, les déchets,
l’assainissement, l’aménagement du territoire… "
Le carrefour du
CREE se divisera donc en deux parties : la première évoquera
le rôle des professionnels de la montagne dans l’éducation
à l’environnement et la seconde les formations spécialisées.
Les intervenants, formateurs et professionnels, feront l’état
de l’existant et des développements possibles et croiseront
leurs expériences pour faire le point de la situation dans
les divers massifs (Alpes, Massif Central, Vercors, Pyrénées)
dont ils sont originaires.
Contact :
Jean-Luc Chautagnat
Oxalis : 04 79
63 36 97
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Une " première
" dans la presse transfrontalière alpine. à
l’initiative du Club de la Presse des Pays de Savoie, présidé
par Bruno Fournier et réunissant 120 journalistes,
correspondants de presse et " communicants " des
deux départements de la Savoie, une grande " première
" s’est déroulée au cours de la journée
d’ouverture du Festival
2002 : la réunion des Clubs de la presse ou associations de
journalistes du massif alpin.
Étaient présents
: le Club de la Presse de Genève, l’association de la
presse Valaisanne, l’association de la presse du Val d’Aoste,
l’ordre des journalistes du Val d’Aoste, une forte délégation
de l’ordre des journalistes de Turin (ainsi que les
responsables du bureau de presse de la région de Turin) et de
nombreux représentants du Club de la Presse des Pays de
Savoie.
Quelques
journalistes lyonnais et régionaux avaient tenu à
s’associer à cette grande " première " a double
objectif :
• se
rencontrer et mieux se connaître,
• déterminer
des axes de travail en commun autour de la problématique
transfrontalière qu’est la montagne.
Une rencontre
annuelle et tournante pourrait, dans les années qui viennent,
se concrétiser autour d’événements ou de manifestations
" montagne ".
En tous cas, une
chose est sûre : après une visite complète du festival (et
de l’exposition sur les secours en montagne qui se tient à
la chapelle du lycée Vaugelas), il y a de grandes chances
pour que les participants (impressionnés par le niveau et
l’intérêt de la manifestation chambérienne) se retrouvent
pour l’édition 2004 du Festival autour d’un thème
structuré.
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Loi montagne,
politique agricole commune, directives européennes : comment
l’agriculture montagnarde évolue-t-elle dans ce contexte ?
Les avis croisés de Claude Muyard, Jurassien vice-président
de l’association nationale des élus de la montagne, et de
Fernand Léger, éleveur d’ovins et président d’un
groupement pastoral en Tarentaise.
Claude Muyard
La loi
montagne est en court de toilettage après un travail
d’information d’une commission sénatoriale. Quelles sont
selon vous les mesures qui devront être arrêtées dans ce
cadre pour contribuer au maintien, sinon au développement des
activités montagnardes ?
La commission sénatoriale
intervient dans le même esprit que la commission des
parlementaires qui avait travaillé préalablement à
l’adoption de la loi. C’est très important pour aborder
la réflexion sur le fond. Le premier résultat de tout cela
– c’est en tout cas que pense l’ANEM –, consiste à
dire qu’il convient d’envisager les choses dans la
globalité. La loi s’est progressivement spécialisée en
s’intéressant à de nombreux aspects techniques,
abandonnant un peu de sa vocation de loin d’orientation
originelle. Dans cet esprit, tout le monde s’accorde pour
dire qu’il faut retrouver un équilibre entre tourisme,
agriculture, artisanat et industrie, car on sait ce que donne
la trop forte spécialisation de régions dont l’activité
est concentrée sur un seul de ces secteurs. Il faut retrouver
les équilibres en donnant à cette notion un caractère de
principe fondamental, car si un secteur est dominant, cela va
immanquablement créer des nuisances de toutes sortes,
sociales, économiques ou encore environnementales, au détriment
de la qualité de vie des montagnards. Dans le discours actuel
sur la décentralisation, un aspect me paraît particulièrement
important : l’inscription dans la Constitution du droit à
l’expérimentation. Cela va aller à la montagne comme un
gant, même s’il faudra prendre garde qu’on ne fasse pas
les choses n’importe comment. Nous pourrons réinventer les
groupements d’employeurs public-privé qui sont impossibles
aujourd’hui alors qu’ils seraient bien nécessaires ; nous
pourrons imaginer des conventions collectives qui
permettraient d’associer différents professionnels en
fonction de leurs besoins ou de besoins locaux.
Même si les
valeurs sont partagées, il existe naturellement des différences
entre les vallées des massifs qui induiraient une différentiation
des mesures prises en fonction des caractéristiques locales.
C’est ce que devrait permettre le droit à l’expérimentation.
Comment
l’agriculture montagnarde pourra-t-elle envisager alors son
avenir ?
D’une manière
générale, l’agriculture vit très mal le débat qui
associe agriculteurs, entretien de la nature et production.
Nous avons en montagne les ressources pour montrer que si
l’agriculture a pour principale vocation l’entretien de la
nature, les productions ne seront pas de bonne qualité.
L’agriculture de montagne s’est toujours inscrite dans la
démarche de la qualité, ce que nous pouvons aisément
constater sur certains produits comme les fromages. Dans le
domaine des productions agricoles, le mot montagne ne peut être
associé qu’au mot qualité. Dans une perspective
environnementale, la clé de l’organisation de
l’agriculture n’est pas la seule sauvegarde de
l’environnement mais l’idée que des productions de qualité
ne peuvent être envisagées qu’à la condition qu’elles
ne soient pas nuisibles à la nature. Un exemple : on ne
produira jamais un bon lait en faisant brouter les vaches sur
une prairie dont l’herbe serait souillée par je ne sais
quel produit chimique ; par voie de conséquence, la qualité
du fromage en souffrirait inévitablement. Sur ces principes,
la montagne a quelques longueurs d’avance puisque la notion
de la qualité y est bien ancrée et depuis longtemps. Par
ailleurs, l’Appellation Montagne, prévue dans le cadre de
la loi, est à nouveau d’actualité. Cela va nécessairement
créer des débats, mais l’idée ne fera que renforcer
l’image des produits montagnards, même nous pouvons
facilement imaginer que la gestation ne se fera pas sans problèmes.
Avec ce label de qualité, associé à des exigences très
fortes, la montagne va certainement ouvrir des portes et des
marchés nouveaux.
Comment
les agriculteurs de montagne vivent-ils les mesures qu’on
veut leur imposer sur l’hygiène par exemple ou les modes de
productions ? Ces mesures sont-elles compatibles avec la
notion de qualité ?
J’ai le
sentiment que la pression de l’administration française est
un peu moins forte, en tout cas à travers ce que j’ai
constaté dans le Jura. Est-ce le cas partout ? On fait
volontiers porter le chapeau à la Commission européenne.
Avec ses
directives, la Commission ne fait que fixer des objectifs à
atteindre. En France, on en fait des préalables, on fait
preuve d’un zèle inutile, voire…
Bon, il s’agit
là d’un sentiment personnel. Par ailleurs, on sait
aujourd’hui que les excès de mesures sont source de
nouveaux problèmes. Nous l’avons bien vu à travers tout ce
qui a été fait en matière d’hygiène et les ontaminations
bactériologiques de certains produits qui en ont été
parfois la conséquence.
L’esprit d’auto-développement
qui prévaut en montagne, va permettre d’amener des choses
beaucoup plus fortes que les règlements, souvent contestés
voire inappliqués par ce que l’économie aujourd’hui ne
permet pas de financer les mesures qui en découlent.
La seule loi qui
importe est de satisfaire le consommateur, tant du point de
vue de la qualité que sur le plan sanitaire.
Au dernier
concours des fromages de montagne, j’ai pu constater que ce
discours s’impose progressivement aux gens du ministère de
l’Agriculture.
Le fromage au
lait cru aura encore droit de citer, alors que l’Europe
n’a pas grand-chose à voir dans cette affaire. Dès lors,
le discours anti-européen me paraît quelque peu gênant.
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Quel est votre métier
?
Je suis éleveur
d’ovins essentiellement, des reproducteurs uniquement. À
travers le groupement pastoral qui regroupe trois autres éleveurs,
le cheptel de 2 000 à 2 500 têtes permet aussi de faire
travailler trois bergers. Cela crée une dynamique non négligeable
dans un village comme le nôtre, qui compte à peine plus de
cinquante habitants. Je travaille avec des animaux de souche
locale, rustique…
C’est-à-dire
en contradiction totale avec les normes qui prévalent en matière
de consommation…
Oui ; on veut de
l’agneau d’alpage, mais à condition que l’on puisse
vendre aux consommateurs un gigot bien rond, bien standardisé.
Je considère qu’on est en montagne, que nous bénéficions
de l’avantage de trouver de l’herbe en altitude ; à
partir de là, il faut que les bêtes soient capables
d’exploiter les atouts dont nous disposons, donc qu’il est
nécessaire d’élever des races locales habituées aux
contraintes de la montagne.
Je ne veux pas
de ces chèvres implantées en montagne, qui produisent du
lait en quantité supérieure, incapables d’aller en alpage,
qui doivent être rentrées quand il fait trop chaud ou trop
froid, quand il pleut… Quelles que soient les bêtes, elles
doivent vivre bien, dans un environnement qui leur convient.
Comment
concilier ces valeurs avec les contraintes du marché, les règlements
qui tendent à tout normaliser, à tout encadrer, etc ?
Cela pose de
moins en moins de difficultés. Nous avons pris conscience
qu’il était nécessaire de préserver les races rustiques,
les éleveurs et l’administration aussi. C’est en tout cas
ce que je crois. Bon, les éleveurs de bovins perçoivent des
aides dont ne bénéficient pas les éleveurs d’ovins et
caprins. Pas encore et c’est dommage. Préserver les races
rustiques ne relève pas que de la passion ; on sait bien
qu’à partir du moment où les bêtes sont adaptées, elles
nécessitent beaucoup moins de soins vétérinaires. Mes
brebis sont encore dans la neige aujourd’hui, elles ne sont
pas malheureuses, au contraire, alors que des confrères qui
élèvent des races plus productives les ont déjà rentrées
au foin depuis un mois. Il ne faut pas leur jeter la pierre, même
s’ils se trompent, car le marché est demandeur de ces
animaux entrant davantage dans les normes de consommation.
On a décidé
dans les années 60 que l’agriculture devait être comme ça,
que la Holstein devait être une vache à pisser du lait, le
plus possible, qu’il y aurait des moutons qui feraient
quantité de gigots bien ronds en travaillant sur les masses
musculaires, etc. Cela étant, il y a prise de conscience et
j’en suis heureux.
Vous avez donc une
vision plutôt optimiste de l’avenir ?
Tout n’est pas
gagné. Il y a de la place pour celles et ceux qui voudront
faire de ce métier leur avenir, à condition qu’ils aient
la compétence, la passion et qu’on leur donne la possibilité
de le faire, c’est-à-dire qu’ils puissent disposer de
surfaces suffisantes. Les choses ont évolué. Par exemple,
nous avons aujourd’hui des réunions entre agriculteurs et
dirigeants de station de sports d’hiver, pour échanger et
ainsi mieux se comprendre pour trouver les convergences.
Croire à cela à la fin des années 70 était complètement
fou. Il y a encore à progresser mais nous sommes sur la bonne
voie, parce que nous communiquons mieux, grâce notamment à
des manifestations comme le festival, et aux organisations qui
travaillent dans notre sens, comme les sociétés d’économie
alpestre de Savoie et de Haute-Savoie. Pour preuve, nous avons
organisé la fête des alpagistes cet automne en Tarentaise :
sur 200 personnes présentes, plus de la moitié était
constituée de jeunes, garçons et filles, de moins de
vingt-cinq ans. Ça veut dire quelque chose.
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Olivier Marmet
est ingénieur diplomé de l’école des Arts et Métiers de
Lyon. Mais c’est surtout un amoureux de la nature et de la
Savoie, d’où sa famille est origainire. Alors après
quelques années passées dans l’industrie, le jeune homme a
voulu renouer avec ses racines. Des racines de pommiers, évidemment.
" Ma grand-mère produisait artisanalement du cidre dans
les Bauges. ça a marqué mon enfance, raconte-t-il. Alors en
1999, après avoir suivi une formation en Normandie, la "
Mecque " du cidre, je me suis installé à Novalaise
comme producteur. "
Des vieilles
variétés de fruits, les plus parfumées,
– 90 % de pommes et 10 % de poires, c’est la marque
du cidre savoyard – une absence totale de traitement chimique, des pressoirs à
l’ancienne et une gazéification naturelle par fermentation,
voilà le secret du cidre de Novalaise. La commercialisation
s’effectue dans tout Rhône-Alpes, y compris dans des
grandes surfaces. Avec ses deux collègues de Haute-Savoie (en
Savoie, il est le seul à ne produire que du cidre) et la
collaboration de 3 C et de Savoie Labo, Olivier Marmet a
organisé un concours des cidres de montagne. Deux Basques, un
Isérois et les trois producteurs des Pays de Savoie ont
soumis leurs cidres – doux, brut ou " ancestral "
- à l’appréciation de deux œnologues. Le verdict sera
rendu ce vendredi après-midi.
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La société
de travail temporaire ADIA a innové en étant la première,
et la seule pour l’instant, à s’être intéressée aux
activités du tourisme en montagne. Dans un esprit qui apparaît
finalement assez proche des us et coutumes montagnardes. Les
explications de Jean-Pierre Tardy, responsable du département
montagne.
Le travail
intérimaire a-t-il une raison d’exister dans un secteur
caractérisé par la saisonnalité et pluriactivité, qui plus
est alors que le personnel apparaît assez fidèle aux
stations où ils ont l’habitude de travailler ?
Notre marché
est dans le manque de qualifications disponibles lorsque la
saison est engagée. Un exemple : trouver un
pisteur-secouriste lorsque à l’ouverture de la station est
quasiment mission impossible.
Pour compenser
cette carence, nous avons mis en place des plans de formation,
en accord et en partenariat avec les organisations
professionnelles concernées, qui nous permettent d’apporter
les compétences nécessaires, aux pisteurs par exemple, et
ainsi de répondre aux besoins des stations. Nous travaillions
ainsi dans tous les secteurs d’activités économiques de la
montagne, de l’hôtellerie-restauration à l’exploitation
des domaines skiables en passant par le commerce. Notre
objectif est d’avoir des gens qualifiés, dans une
perspective de biqualification et de pluriactivité, ce qui
nous permet de répondre avec les mêmes personnes aux
demandes qui nous sont faites en été. Notre vision du
travail intérimaire s’inscrit dans cette logique.
Quel est votre
potentiel d’emplois ?
Pour ce qui
concerne les domaines skiables, nous travaillons avec la
plupart des exploitants les plus importants, y compris les
groupes. Pour répondre aux besoins, nous disposons d’une
vingtaine de pisteurs-secouristes de tous niveaux, pour rester
dans cet exemple ; nous comptons un troisième degré en
formation et cinq artificiers que nous avons formés. Par
ailleurs, nous disposons de cinq dameurs, par exemple, de mécaniciens
de remontées mécaniques, d’employés de remontées mécaniques,
d’électromécaniciens, etc. Nous comptons aussi des gens
susceptibles d’intervenir dans la gestion et
l’administration des sociétés. Tout notre personnel
technique est sous contrats et pour toute la durée de la
saison, cela essentiellement dans les Alpes du Nord où nous réalisons
80 %
de notre chiffre
d’affaires. Notre plan de développement s’inscrit dans
une perspective nationale, voire internationale avec nos
voisins Italiens.
On associe
souvent le travail temporaire à la notion de précarité.
Comment prenez-vous en compte ce problème ?
Une fois les
missions d’hiver arrivées à terme, nous essayons autant
que possible de proposer à notre personnel des missions d’été,
cela de façon à lisser l’activité tout au long de l’année.
Mais il n’y a pas plus de précarité dans un contrat de
travail temporaire que dans un contrat à durée déterminée,
qui sont quand même monnaie courante dans les activités
touristiques. En revanche, la couverture sociale d’un intérimaire
est bien supérieure à celle d’une
personne en CDD,
qui plus est avec une prime de 10 % calculée sur les salaires
perçus. Il est évident que pour les entreprises qui font
appel à nos services, cela représente un coût, entre 16 et
20 % par rapport à ce que coûte un CDD, mais elles n’ont
pas à gérer le personnel.
Cela étant, la
montagne constitue un micro-marché ; par ailleurs, nous
n’avons pas vocation à remplacer les CDD. Notre objectif
est d’apporter des compléments aux stations, une souplesse
qui leur permet de faire face à leurs besoins.
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La petite
communauté montagnarde de l’Est du Pakistan est menacée
par le tourisme et l’intégrisme musulman.
Sans une grève
des contrôleurs aériens qui les a cloués au sol à Londres,
l’homme d’affaires savoyard Jean Rivollier et
l’ethnologue franco-espagnol Jordy Magraner ne se seraient
jamais rencontré. " Pour moi ça a été un déclic,
avoue Jean Rivollier. Jordy vivait depuis treize ans dans les
vallées Kalashs, situées à la frontière de l’Afghanistan
et du Pakistan. Il étudiait l’homme pongoïde, un des
lointains ancêtres de l’homme, pour le compte de l’Institut
de paléonthologie de Paris. Il avait appris la langue et les
coutumes locales, était connu et apprécié de tous. "
Si Jean Rivollier emploie le passé c’est que Jordy Magraner
a été assassiné cet été, quelques semaines après avoir
envoyé une lettre à Jean Rivollier où il faisait état des
menaces dont il était l’objet. Des menaces émanant selon
ce dernier des milieux islamistes. " Le conflit afghan
post 11 septembre a poussé les taliban vers le Pakistan.
Certains se sont installés dans les vallées Kalashs et
tentent d’imposer l’islam radical à cette communauté de
culture polythéiste. " Les trois vallées Kalashs
regroupent environ 3 000 habitants qui ont vécu dans une
quasi-autarcie jusque dans les années 1990. Depuis, la route
transhimalayenne a apporté les touristes, trop souvent peu
respectueux des traditions locales. Puis il y eu la guerre en
Afghanistan et ses conséquences locales : "
Aujourd’hui les Kalashs sont menacés de disparition, alors
que cette civilisation est très riche en arts en savoir-faire
".
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Après cinq
jours de rencontres dans le cadre de " Turin capitale du
vin ", les représentants de nombreuses régions
viticoles de montagne ou à forte pente (venus d’Italie, de
France, d’Espagne, du Portugal et de Suisse),
se retrouvent ce
vendredi soir à l’Espace Malraux pour partager leurs expériences
et unir leurs efforts dans la défense de la viticulture de
montagne. Beaucoup plus difficile et donc plus chère que la
viticulture de plaine, la viticulture de montagne est
aujourd’hui menacée. " Nous demandons la création
d’une législation européenne
qui permette de
sauvegarder les spécificités de la viticulture de montagne,
insiste Silvio Ceretto Castigliano, de la Province de Turin.
Car c’est une culture ancestrale, qui fait partie de
l’identité de ces régions. La viticulture de montagne ce
n’est pas seulement le vin. Elle a aussi des aspects
paysagers et environnementaux, notamment dans la prévention
des glissements de terrain, culturels et bien sûr
touristiques. "
D’où
l’implication de l’office de tourisme de Chambéry aux côtés
du Comité interprofessionnel des vins de Savoie et de la Fédération
des vins " Alto Piemonte " dans l’organisation du
colloque chambérien.
Et puis la
viticulture de montagne c’est un goût particulier. "
Plutôt des goûts ! , insiste Silvio Ceretto Castigliano.
Alors que la globalisation uniformise tous les vins, les vins
de montagne, eux, ont chacun leur identité. " Une
identité qui rime avec qualité puisque toutes les régions
présentes au colloque de Chambéry produisent des vins AOC.
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Si les problèmes
des saisonniers occupent depuis quelques années le devant de
la scène médiatique, sur le terrain les avancées n’ont
pas été nombreuses, estime Antoine Fatiga. Aux yeux de ce
responsable CFDT, il est indispensable d’agir concrètement
dans le sens d’un développement durable mêlant développement
économique, progrès social et respect de l’environnement.
Interview.
Comment a évolué le
statut des saisonniers depuis deux ans ?
Dans le secteur
des remontées mécaniques, nous avons obtenu la reconduction
automatique des contrats de travail d’une année sur
l’autre et la définition de la durée d’une saison.
Mais la question
de l’indemnisation des saisonniers en début de saison,
quand il n’y a pas de neige, n’est toujours pas réglée.
Et puis, au
niveau du département de la Savoie, nous avons réussi a
obtenir un accord interprofessionnel, qui fixe une superficie
minimum de 14 m2 (33m3) pour le logement des saisonniers.
C’est une
avancée qui va permettre de débloquer de manière plus décente
les aides publiques du Conseil Général ou de l’État.
Et sur les autres
points ?
Nous sommes au
point mort. C’est catastrophique.
Le rapport d’Anisset
Lepors avait pourtant suscité beaucoup d’espoir…
C’est vrai,
mais on se rend compte aujourd’hui que sur les 31 mesures préconisées
dans ce rapport, très peu ont vu le jour. On a payé de
nouvelles études pour mieux connaître les saisonniers –
comme s’il n’y en avait pas déjà eu assez ! – et on a
créé un Observatoire national du tourisme saisonnier.
Mais le
saisonnier de base n’a rien à faire de tout ça, ce n’est
pas ce qui fait avancer ses problèmes ! Aujourd’hui ce qui
manque, ce sont des solutions concrètes.
Il faut obliger
les élus, les employeurs et l’État à prendre les problèmes
à bras le corps.
Ce n’est pas le cas
?
Non. Regardez ce
qui se passe au niveau national. Le nouveau Conseil national
de la montagne a été mis en place, des groupes de travail
ont été constitués.
Mais j’ai le
sentiment que l’on se dit toujours les mêmes choses, que
les mêmes questions reviennent année après année dans les
colloques mais qu’elles ne trouvent toujours pas de réponses
concrètes. Parfois on croit progresser, mais on réinvente
simplement ce qui a été supprimé l’année d’avant !
C’est ce qui s’est passé pour le guichet unique "
santé " des saisonniers à Moûtiers.
C’était un
vrai " plus " pour les saisonniers puis la CPAM
l’a supprimé, faute de moyens financiers. Aujourd’hui,
face aux problèmes rencontrés dans leurs démarches par les
saisonniers, certains redécouvrent le guichet unique…
Pourquoi
la situation n’évolue-t-elle pas plus rapidement ?
Le rapport de
force n’est pas favorable aux saisonniers, tout simplement.
Si nous avions les moyens de mieux les mobiliser, de les faire
bouger, les choses avanceraient plus vite.
Souvenez-vous de
ce qui s’est passé à Albertville en 1992 : les
distributions de tracts et les manifestations au péage
de
l’autoroute. Et bien ce sont ces actions qui ont permis de
faire avancer les conditions de travail des saisonniers. On
peut le regretter mais aujourd’hui, en France, les choses
n’avancent que dans le
conflit et le rapport de force.
Vous ne
pouvez tout de même pas nier qu’il y a eu une prise de
conscience généralisée des problèmes des saisonniers !
Peut-être, mais
l’explication est simple : la pénurie de main d’œuvre.
Elle touche maintenant tous les secteurs, même celui des
remontées mécaniques. Cette pénurie est encore plus marquée
dans les petites stations, où les salaires sont nettement inférieurs
à ceux pratiqués
dans les grandes. Aujourd’hui, les saisonniers préfèrent
être payés au SMIC en vallée plutôt que d’être payés
au SMIC en station. Alors on manque de monde en station. Or,
le marché du travail fonctionne comme les autres marchés :
quand il y a plus d’offres d’emplois que de demandes, les
salaires grimpent.
Vous ne croyez pas à
une prise de conscience en profondeur ?
Pas vraiment.
Pour preuve, lors du carrefour de jeudi animé par la
Direction départementale du travail, il a bien été expliqué
que la crise économique
- et le retour d’une main d’œuvre plus abondante
sur le marché qui l’accompagne -
freine l’évolution positive qui se dessinait. De ce
point de vue là, ce qui va se passer cette saison sera déterminant
pour l’avenir.
Le
gouvernement évoque la possibilité de laisser les
collectivités territoriales mener des expérimentations. Cela
pourrait-il être une piste d’amélioration du statut des
saisonniers ?
Pourquoi pas ?
Nous sommes tout à fait d’accord pour l’expérimentation.
Le droit du travail dresse un cadre global qui ne doit pas empêcher
l’expérimentation des pistes intéressantes. Mais à
condition bien sûr que le contrôle soit efficace.
Aujourd’hui le droit du travail est très cadré mais il est
malgré tout très mal appliqué parce qu’il n’y a pas
assez de contrôle derrière.
Qu’attendez-vous du dépoussiérage
de la loi montagne sur lequel travaille le Sénat ?
La loi montagne
doit aussi être faite dans le sens de la montagne. Trop
souvent dans le cadre du comité de massif des Alpes du Nord
ou dans les commissions sur les unités touristiques nouvelles
(UTN) on a ouvert la porte aux " bétonneurs ".
L’idée pour nous est de dire que le développement de la
montagne est arrivé à maturité. Aujourd’hui il faut
travailler sur l’amélioration de l’accueil et sur le
social, qui doit accompagner le développement économique.
Si on continue
à maintenir un fossé entre le développement économique et
le social, on va dans le mur et tout le monde en pâtira. Il
faut que les élus le comprennent. Ils ne doivent pas
seulement se mobiliser pour faire des investissements, pour
construire des lits, mais aussi pour maintenir les stations.
À ce titre l’exemple de Valmeinier où le Club Med a
annoncé son départ est éloquent. Il y a du travail à faire
avec l’existant avant de se lancer dans de nouveaux projets.
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Le carrefour sur
la mutation du travail des saisonniers, organisé vendredi par
la Mutualité de Savoie, a permis de faire le point sur les
conditions de vie et de travail des saisonniers. Le moins que
l’on puisse dire c’est que, malgré des améliorations, le
tableau n’est toujours pas reluisant.
" Les
saisonniers sont un miroir grossissant de notre société :
une société gouvernée par l’argent et le profit, où la
personne humaine n’est pas toujours considérée ", résume
Marie-Noëlle Bodinier, de la Mutualité de Savoie, qui
coordonne le Réseau de la santé et des conditions de vie des
saisonniers.
Les problèmes
de logements, de conditions ou d’horaires de travail ont des
répercussions directes sur la santé et le comportement des
saisonniers. " Selon l’association Le Pélican, qui
intervient aux côtés des toxicomanes, il y a eu une baisse
de la consommation de drogues dures mais une augmentation des
drogues douces, de l’alcool, des médicaments et de la
" poly-consommation ", dont les effets sont moins
visibles sur le court terme mais tout aussi dangereux à
longue échéance. "
Pour autant,
l’espoir existe. " Les employeurs comprennent que tout
le monde serait gagnant dans l’amélioration des conditions
de vie et de travail des saisonniers. Les saisonniers, évidemment,
mais aussi la clientèle, qui serait mieux servie et les
employeurs car le travail serait mieux fait et les employés
plus fidèles. Aujourd’hui, certains saisonniers n’hésitent
pas à tout lâcher en milieu de saison quand ils estiment que
leurs conditions de vie ne sont pas satisfaisantes. "
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Le
secours en montagne est-il à la hauteur ?
Plusieurs
centaines de spécialistes de la santé et du secours en
montagne ont planché, durant trois jours, sur la prise en
charge du blessé ou du malade. Une prise en charge dont la
qualité " joue sur le produit touristique ".
Explication avec le professeur Pierre Girardet.
Venues des
massifs montagneux français mais aussi étrangers (Suisse,
Italie, Autriche, Québec, Norvège, Allemagne, Andorre),
plusieurs centaines de professionnels de la montagne
(techniciens du secours, pisteurs, médecins de stations et de
secours, pilotes d’hélicoptères, gendarmes sauveteurs,
mais aussi responsables des pouvoirs publics, hauts
fonctionnaires de la santé publique…) se sont retrouvés
dans le cadre du Festival International des Métiers de
Montagne de Chambéry, durant trois jours, pour travailler sur
des thèmes précis, concrets et pointus.
Pour le
professeur Pierre Girardet, chef de service à l’hôpital de
Grenoble, l’un des co-organisateurs de ces rencontres :
" Nous avons voulu tout d’abord, confronter les expériences,
les vécus, faire le point ensemble. Ensuite, nous avons abordé
la situation spécifique de Rhône-Alpes en matière de
secours en montagne et aux blessés des stations. Elle est
unique en France. "
En effet, Rhône-Alpes,
qui compte 6 millions d’habitants, accueille, durant les
mois d’hiver, une " population nomade touristique
" d’un million et demi d’âmes. Une "
transhumance " exceptionnelle accompagnée d’un type de
pathologies univoque comme les lésions du genou et des
membres supérieurs.
Les
secours en montagne et en stations sont-ils à la hauteur ?
Les moyens et méthodes
sont-ils adaptés ? Cette surcharge est-elle prise en compte ?
Qu’entraîne-t-elle en terme de coût pour les assurances
sociales ? Les prend-on en compte au niveau des statistiques ?
Pour le professeur Girardet " On économise à un malade
bien évacué, bien accueilli, bien pris en compte, du souci
et de la douleur mais on améliore également ses conditions
de soins, son rétablissement. Sa convalescence est plus
rapide. On diminue donc ainsi le coût de son accident ".
Le débat est
d’autant plus important que cette qualité de prise en
compte joue sur le produit touristique. L’image de la région
d’accueil auprès de ses " clients " est
directement en cause. De plus en plus valable pour la clientèle
française, le concept est
vérifié depuis longtemps auprès de la clientèle étrangère.
L’enjeu est très
fort. A tel point que le Festival International des Métiers
de Montagne de Chambéry a vécu un événement : la naissance
de la Société Française des Médecins de Montagne, qui a
tenu sa première assemblée générale jeudi 28 novembre.
Elle est issue du regroupement de l’Association des Médecins
de Montagne, de l’ARPE (Association de recherche
physiologique de l’environnement), de la Fédération Pyrénéenne
de secours et du Département de traumatologie de montagne de
Chamonix.
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La soirée
de remise des Cairns coïncidait avec la clôture de l’Année
Internationale des Montagnes dont Chambéry était le point
focal français… Bilan, hommages aux professionnels et
animations chaleureuses et rythmées…. Ambiance.
Le théâtre
Charles Dullin affichait complet jeudi soir. Les volontaires
faisaient une haie d’honneur enthousiaste et bon enfant aux
visiteurs venus assister à une soirée à double objectif :
il s’agissait de clôturer l’Année Internationale des
Montagnes, décrétée par l’ONU et dont Chambéry a été
le point focal français, mais il s’agissait également de
remettre les distinctions – les Cairns – à des
montagnards qui ont fait honneur à leur milieu.
Le docteur André
Gilbertas, président de Montanea, coprésident du Festival
international des métiers de montagne, évoquait en quelques
chiffres le bilan de l’AIM : 60 000 visiteurs, venus de 70
pays et 5 continents, 10 colloques internationaux, 7
expositions d’envergure,
3 chartes internationales signées à Chambéry… Des
manifestations rendues possibles grâce aux 130 partenaires
membres de l’association Montanea, à l’aide de la Ville
de Chambéry, du Département de la Savoie, de la Région Rhône-Alpes,
de l’état et du Crédit Agricole des Savoie. Mais à ces
rencontres professionnelles venait se joindre une action
humanitaire qui tient au cœur de Montanea : l’opération
Aziz Afghan, du nom du lycée de Kaboul qui accueille 4 800 élèves
dont il convient d’aider la scolarité.
Pour le docteur
Gilbertas, l’esprit de cette Année était bien de faire se
rencontrer les montagnes… Objectif rempli.
Pour Louis
Besson, maire de Chambéry, qui rendait un hommage appuyé au
docteur Gilbertas pour l’action menée depuis 12 ans en
faveur du positionnement montagne de Chambéry, " le
souci est bien de faire dans le durable et cette année
foisonnante connaîtra d’autres prolongements ".
Un hommage a été
rendu aux membres du bureau de Montanea, appelés sur scène.
La chaleur était
également de mise pour les remises des 5e Cairns de ce 9e
Festival, non sans qu’on ait rappelé, auparavant, la mémoire
de trois grands disparus : Jordi Magraner, Maxime Viallet et
André Martzolf.
Le 1er Cairn,
celui du meilleur photographe de montagne – remis par Claude
Muyard, coprésident du festival et Douglas Mc Guire, de la
FAO – était attribué, après vote du public, à Michel
Zalio, pour une superbe photo nocturne de chamois, prise dans
le Queyras.
Le 2e Cairn,
d’Honneur, était remis par Marco Bellion, assesseur de la
Province de Turin à Romain Riboud, capitaine de l’équipe
de France Handisport, récompensée par 19 médailles aux jeux
Olympiques de Salt Lake City.
Rendez-vous est
pris pour faire aussi bien aux JO de Turin !
Enfin, le
dernier Cairn, celui du professionnel de la montagne, remis
par le docteur Gilbertas, était attribué à Yves Pillet
(voir ci-dessous).
Une soirée
chaleureuse, enthousiaste, " entre montagnards ",
bien emmenée par Jean-Louis Sevez et rythmée par les
prestations des élèves du conservatoire de Chambéry dirigé
par le compositeur haut-savoyard Etienne Perruchon, créateur
de " Dagora " pour l’Année Internationale des
Montagnes à Chambéry, les chants basques de Pampi Ladruche,
les chansons du compositeur interprète savoyard Pierre
Tourniaire et l’humour décapatant – accent savoyard en
prime ! – de Jean-Michel Matteï.
Une soirée bien
dans le ton du festival et de l’AIM : entre montagnards,
complice et sans manières !
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C’est pour son
inlassable implication sur le terrain que Yves Georges Pillet
a reçu hier, des mains d’André Gilbertas, le Cairn des
professionnels. Une implication symbolisée par l’ouverture,
cet été, du musée de l’Eau de Pont-en-Royans, commune iséroise
dont il est le maire depuis 1977. " C’est un ancien
couvent devenu, avec le temps, une friche industrielle de 4000
m2, au bord de la Bourne ", explique ce Savoyard
d’origine (né à Arvillard), ancien conseiller général,
conseiller régional et député. " Nous l’avons réhabilité
en musée, avec une grande exposition sur l’eau dans le
monde et une autre plus centrée sur le Vercors. Mais nous
avons aussi construit un hôtel-restaurant et une grande salle
pour accueillir les séminaires. C’est un sacré pari pour
une commune de 1000 habitants, mais nous sommes en passe de le
gagner puisque nous avons eu 17 000 visiteurs depuis
l’ouverture en juillet. " Yves Georges Pillet a tenu à
recevoir ce Cairn " au nom de toute la moyenne montagne,
qui se bat avec ses moyens pour exister et plus particulièrement
au nom du Parc Régional du Vercors ", qu’il préside
depuis 1998.
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Ce sont les tout
petits qui créent l’ambiance sur le stade de neige devant
la Maison de la culture et face au Manège … Les scolaires
chambériens ont pris d’assaut la neige (amenée du sommet
du col de l’Iseran). Sous la conduite des moniteurs de l’école
de Ski Français de La Plagne et sous l’œil attentif de
leurs accompagnateurs (maîtres d’école ou mamans bénévoles),
ils s’initient à la pratique de la raquette, du ski et de
la luge. Malgré le froid et l’humidité, l’ambiance est
chaleureuse et les enfants sont manifestement ravis… tout
comme les congressistes et les chambériens de passage,
attendris devant tant de joie !
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Ils
s’appellent Gigolo, Scot, Fanfaron et Archibald et ils sont
devenus rapidement les amis des enfants.
Ce sont les ânes
amenés par le Syndicat des accompagnateurs en montagne pour
animation en direction des enfants, " pour leur permettre
de prendre contact avec eux tant sur le plan social
qu’affectif. L’âne est un élément important en randonnée
et il faut apprendre à le connaître ".
Qualifiés de
" bons compagnons de randonnée ", ils attendent les
enfants dans la cour devant la Maison de la Culture et face au
Manège pour une petite promenade.
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Grande séquence
émotion à l’ouverture du stade de neige : une dame
s’approche, un peu craintive, regarde la neige,
manifestement n’ose pas marcher dessus.
L’attitude
attire l’attention, on l’interroge et elle répond :
" je suis Martiniquaise et je n’ai jamais vu la neige
". Alors on l’entoure, on la met en confiance, elle
pose un pied, puis l’autre. On l’encourage à toucher, ce
qu’elle fait avec appréhension. Une fois touchée avec méfiance,
la neige est prise à pleines mains et avec une joie
d’enfant communicative à tel point qu’on ne savait plus
qui étaient le plus émus : les professionnels de la neige ou
la visiteuse d’outre-mer !
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L’association
Mountain Riders, crée en 2001, a pour vocation de
sensibiliser le public des stations et en premier lieux les
" riders " adeptes du snowboard au respect de
l’environnement. " Nous avons transposé dans les
stations le concept de " Surf rider ",
l’association de Tom Curren, l’ex-chamion du monde de
surf, qui agit en direction des surfeurs et des collectivités
pour avoir des plages propres ", explique Christian
Bujeaud, président et fondateur de Mountain Riders. Opérations
de sensibilisation dans les stations, journées nettoyage des
pistes au printemps, actions dans les écoles et les classes
vertes, site internet (www.mountain-riders.org)…
la petite
association ne ménage pas ses efforts.
Elle est aidée
matériellement dans ses démarches par l’entreprise de vêtement
Patagonia, qui fabrique ses polaires avec des bouteilles en
plastique recyclées. Etre écolo, ça fait chaud au corps…
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Comment se
caractérise l’édition 2002 du festival ? A-t-elle été
fidèle aux objectifs fondateurs ? Quels en ont été les
faits marquants ? Les réponses de ses deux coprésidents,
Claude Muyard et André Gilbertas.
Claude Muyard, Vice-président de
l’Association nationale des élus de la montagne
Le bilan qu’on
peut tirer de cette édition et des carrefours programmés est
dans la suite logique, dans la continuité des précédents
festivals. Le choix des thèmes de ces carrefours est le fait
des maîtres d’œuvre, c’est-à-dire des organisations
professionnelles, des associations, des administrations. Ils
ne peuvent donc que répondre aux préoccupations du moment et
être en phase avec l’actualité des différentes
composantes du monde de la montagne. Qui plus est, par son côté
informel et sans qu’il y ait d’obligation de résultat, le
festival permet de débattre au-delà du rapport de force qui
prévaut dans un contexte plus institutionnel. Un seul exemple
avec le carrefour consacré à la neige de culture, organisé
par les directeurs des pistes ; étaient présents le
directeur du parc du Haut-Jura et des représentants de la Fédération
Rhône-Alpes de protection de la nature, c’est-à-dire des
gens avec lesquels les professionnels peuvent être en
opposition. Tout c’est bien passé, dans la sérénité. Le
festival est bien positionné comme un rendez-vous biennal qui
permet aux uns et aux autres de se rencontrer sans
contraintes, dans un esprit de concertation. Il ne s’agit
pas de régler des comptes, mais plutôt de faire évoluer
favorablement les problématiques qui les concernent. De ce
point de vue, le festival fonctionne bien. Les maîtres d’œuvre
et, plus largement, les participants se sont appropriés le
festival alors que l’organisation est là pour fournir les
moyens logistiques.
Vous ne
constatez donc pas de phénomène d’usure de ce qu’on
pourrait appeler le concept du festival ?
Le fait que les
maîtres d’œuvre restent totalement libres du choix des thèmes
à traiter et de définir leurs actions, crée l’antidote de
la lassitude et de l’usure.
Ils ne
s’impliqueraient pas autant dans le festival si nous ne leur
offrions que la possibilité d’enfiler des perles ; les
personnes présentes ont certainement autre chose à faire que
de pavaner dans les allées d’une manifestation.
Si elles
viennent, c’est parce qu’elles y trouvent une occasion
d’apprendre et de communiquer.
André Gilbertas Président de
l’association Montanéa
Quels ont
été pour vous les temps forts de cette 9e édition ?
À mes yeux, il
y a d’abord la vie de l’ensemble du festival, à la fois
très sympathique, animée, festive, grâce aux organisations
professionnelles et aux artisans. Une vie studieuse aussi car
il ne faut pas oublier la fonction des villages qui est
d’informer les jeunes notamment, qui s’interrogent sur
leur avenir professionnel. Cela fait partie du contenu
fondamental du festival ; c’est, avec les carrefours, sa
raison d’être. Cependant, la programmation 2002 a été épaissie
par les dernières manifestations de l’Année Internationale
des Montagnes, qui ont été autant de temps forts. Nous avons
ainsi vécu sur un rythme extrêmement dense avec des
colloques successifs ou simultanés, consacrés à l’élevage
en montagne, au secours et, enfin, à la santé.
Je ne voudrais
pas oublier les États généraux de la viticulture de
montagne, qui ont réuni des viticulteurs des Savoie, de
Suisse avec les Valaisans, de différentes régions
italiennes, dont nos voisins du Piémont et du Val d’Aoste,
mais aussi des Portugais et des Espagnols. C’était une
première qui avait pour objectif de mettre en exergue les
particularités de l’exploitation de la vigne en montagne et
ses difficultés.
La volonté des
organisateurs est d’ailleurs de faire reconnaître ces
particularités à travers une motion qui sera communiquée
prochainement à Bruxelles.
Les liens entre
ces professionnels ont été noués ; cette manifestation
devrait donc naturellement se prolonger.
Plus de deux
cent soixante-dix médecins étaient par ailleurs présents
dans le cadre du colloque sur la santé…
Des médecins
venus d’une bonne vingtaine de pays et des intervenants
nord-américains, chiliens et originaires de quasiment tous
les pays d’Europe. Les thèmes abordés ont porté sur la médicalisation
des secours, les conséquences de la démographie en forte
croissance à chaque saison touristique, les accidents dus aux
pratiques sportives alors que la recherche de responsabilité
systématique est désormais un fait de société… Une
partie du colloque a aussi concerné la prévention avec,
entre autres, le port du casque sur les pistes de ski,
l’incidence des nouvelles pratiques et de l’évolution des
matériels, etc. D’autres aspects ont été traités comme
l’adaptation à l’altitude, les conditions nouvelles de
physiologie à l’entraînement… Chacun a apporté sa
contribution à un débat de très haut niveau.
Un des
faits marquants a été aussi la réunion de nombreuses
organisations professionnelles dans le cadre du festival…
C’est en effet
symptomatique de l’importance qu’a pris le festival. Lors
de la première édition, une seule organisation avait choisi
le festival pour réunir ses membres… Elles étaient
vingt-cinq cette année ! Sa crédibilité augmente avec la
dimension que lui donnent ces organisations.
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On le sait, le
Festival international des métiers de montagne aura lieu
l’année prochaine en Andorre (voir par ailleurs). Mais les
Pyrénéens ne seront pas en reste pour promouvoir les filières
de formation aux différents métiers propres à la montagne.
Du 2 au 4 mai 2003, se dérouleront à Laruns, dans la belle
vallée d’Ossau, la 2e Fête de la montagne et le
Rassemblement des professionnels et des organismes de
formation des métiers de la montagne. Le fait que cette
manifestation a été initiée dans les Pyrénées reflète le
dynamisme du massif et de ses acteurs,
qui sont à
l’origine de certaines premières, comme un engagement fort
en faveur de la démarche de certification qualité des
exploitants de remontées mécaniques, reprise ensuite au plan
national, l’organisation du travail avec les 35 heures par
exemple.
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Andorre
prépare le dixième festival
" Nous
sommes ici à la fois pour présenter notre station, La
Massana, pour présenter Andorre d’un point de vue général
et pour... prendre les bonnes idées du festival et les
utiliser l’année prochaine ! "
Avec un large
sourire, un délicieux accent et une belle franchise, Marti
Rafel explique la présence de l’équipe d’Andorre sous le
chapiteau du Carré Curial.
La principauté
pyrénéenne se prépare à organiser la 10e édition du FIMM
en 2003. Sollicité in extremis pour organiser le FIMM 2001,
suite à une défection de la commune d’accueil initialement
prévue, Andorre avait relevé le défi avec enthousiasme
contre la promesse de pouvoir réitérer l’expérience dans
des conditions moins difficiles en 2003. Trop souvent enfermée
dans un cliché de Principauté folklorique où il fait bon
aller remplir son coffre d’alcool et de tabac, Andorre a à
cœur de montrer son véritable visage.
Celui d’un
micro-état montagnard (465 km2 pour 66 000 habitants) où se
mêlent les paysages sauvages des Pyrénées et les
infrastructures modernes (routes, hébergement), les villages
traditionnels et les stations de ski.
Avec ses cinq
stations, c’est même l’un des concentration de remontées
mécaniques les plus importantes au monde !
" Pour nous
l’organisation du FIMM sera une superbe vitrine. Andorre,
rime obligatoirement avec Festival des métiers de montagne
parce que du paysan qui pratique l’élevage traditionnel au
moniteur de ski en passant par le cultivateur de tabac, tout
chez est nous est montagne ! ", conclut Marti Rafel.
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